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Que veut dire « fornication » ? Le sens du mot expliqué

Par la rédaction de fornication.frVérifié le Lecture : 5 min8 sources
L'essentiel

La fornication désigne, au sens premier, une relation sexuelle entre deux personnes qui ne sont pas mariées, considérée comme un péché dans la tradition chrétienne. L'Académie française la définit comme un « péché de luxure contraire à la morale chrétienne ». Par extension, surtout dans un emploi familier ou ironique, le mot désigne les relations sexuelles en général.

Que signifie exactement « fornication » ?

Fornication est un nom féminin issu du vocabulaire de la théologie chrétienne. Il qualifie une relation sexuelle entre un homme et une femme dont aucun n'est marié [1][5]. Ce critère, l'absence de lien conjugal des deux côtés, le sépare de l'adultère, qui suppose qu'au moins un des partenaires soit engagé dans un mariage.

Le mot ne décrit donc pas un geste particulier : il situe un acte par rapport au mariage. Dans son sens premier, il contient aussi un jugement, puisque nommer une relation « fornication », c'est la ranger parmi les fautes morales. Les dictionnaires récents enregistrent toutefois un second emploi, plus large, où il sert simplement à parler de relations sexuelles [1][2].

La fornication dans les dictionnaires de référence

DictionnaireÉditionDéfinition (résumée)Marque d'usage
Académie française1re édition, 1694Péché de chair entre deux personnes ni mariées ni liées par un vœuLangage dogmatique et religieux
LittréXIXe sièclePéché de la chair ; au figuré, infidélité d'Israël envers son DieuTerme dogmatique
Académie française8e édition, 1935Œuvre de chair en dehors du mariageTerme d'Écriture
Académie française9e éditionPéché de luxure contraire à la morale chrétienne ; par extension, relations charnellesAucune
LarousseEn ligneRelations sexuelles hors mariage, péché de chair ; relations sexuelles en généralFamilier (2e sens)
OQLF, Grand dictionnaire terminologiqueFiche mise à jour en 2000Relation sexuelle entre deux personnes non mariéesSexologie, religion

Que disent les grands dictionnaires ?

Les définitions ont peu changé en plus de trois siècles, mais leur cadre s'est déplacé. En 1694, la première édition du Dictionnaire de l'Académie parle du péché de chair entre deux personnes ni mariées ni liées par un vœu, et précise que ce mot et fornicateur « ne se disent guere que dans le Dogmatique » [6]. La mention du vœu vise les religieux engagés dans la chasteté.

Au XIXe siècle, le Littré classe le mot parmi les termes dogmatiques et lui ajoute un sens figuré tiré de la Bible : l'infidélité du peuple d'Israël qui se tourne vers des dieux étrangers [3]. Il précise aussi qu'en poésie le mot compte cinq syllabes, la finale se prononçant en deux temps [3].

Les dictionnaires actuels conservent ce noyau. L'Académie, dans sa neuvième édition, rattache la fornication à la luxure et à la morale chrétienne, puis admet par extension le sens de relations charnelles [1]. Le Larousse retient d'abord les relations sexuelles hors mariage, qualifiées de péché de chair, et marque comme familier le sens de relations sexuelles en général [2]. Le Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française la classe à la fois en sexologie et en religion, avec une définition purement descriptive [4].

Quel est le sens religieux du mot ?

Dans le catholicisme, la référence est le Catéchisme de l'Église catholique. Il définit la fornication comme « l'union charnelle en dehors du mariage entre un homme et une femme libres » [5]. L'adjectif libres signifie ici que ni l'un ni l'autre n'est marié.

Le Catéchisme range cette faute parmi les offenses à la chasteté, à côté de la luxure, de la pornographie ou de la prostitution [5]. La notion vient du Nouveau Testament, où le grec porneia est rendu, selon les versions, par fornication, impudicité ou débauche. C'est pourquoi plusieurs mots coexistent en français pour une même idée biblique.

Le mot sert aussi à traduire des notions venues d'autres traditions. Dans sa traduction française du Coran, Muhammad Hamidullah rend ainsi le début du verset 2 de la sourate 24 par « La fornicatrice et le fornicateur », pour des termes arabes dérivés de zinā [8]. Chaque tradition donne pourtant à ces mots un contenu propre, que le seul terme français ne restitue pas entièrement.

Quel est le sens courant et familier aujourd'hui ?

Hors du contexte religieux, le mot reste rare dans la conversation. Quand il apparaît, c'est souvent avec une pointe d'ironie : employer un terme de sermon pour évoquer la vie sexuelle produit un effet comique ou volontairement désuet. Le Larousse enregistre cet usage en le marquant comme familier [2].

Les écrivains du XXe siècle l'emploient volontiers à distance, comme une étiquette d'un autre temps. Le Wiktionnaire relève par exemple une phrase d'Hervé Bazin, en 1972, qui évoque l'amour « ci-devant dénommé fornication » [7]. Le ci-devant, emprunté au vocabulaire révolutionnaire, souligne que le mot appartient à un ordre moral jugé révolu.

Le mot n'appartient pas pour autant au registre vulgaire. Il reste un terme soutenu, d'origine savante, que l'on peut employer sans grossièreté dans un texte d'histoire, de théologie ou de sociologie.

Comment le mot s'emploie-t-il dans une phrase ?

Les dictionnaires anciens citent des tournures figées comme simple fornication, péché de fornication ou commettre fornication, construit sans article [6]. L'expression simple fornication désignait, chez les théologiens, la faute considérée en elle-même, par opposition aux cas jugés plus graves comme l'adultère ou la rupture d'un vœu.

On rencontre aussi tomber dans la fornication ou vivre dans la fornication, surtout dans les textes religieux. Le Littré cite ainsi la Bible de Sacy, où le peuple d'Israël tombe dans la fornication avec les filles de Moab [3]. Le mot s'emploie surtout au singulier, même si le pluriel fornications existe [7].

La prononciation standard est [fɔʁ.ni.ka.sjɔ̃], en quatre syllabes dans la langue courante [7]. Le mot appartient à la série des termes savants en -tion empruntés au latin, comme rédemption ou tentation, qui ont gardé une forme très proche de leur modèle.

Quelles confusions éviter ?

Il ne faut pas confondre fornication avec formication, terme médical qui désigne une sensation de fourmillement sur la peau, tiré du latin formica, la fourmi. Les deux mots ne diffèrent que d'une lettre, mais n'ont aucun lien de sens ni d'origine.

Le fornix des anatomistes, en revanche, est bien de la même famille : c'est le mot latin pour voûte, qui a donné fornication par un détour de sens. Enfin, fornication, adultère, luxure et débauche ne sont pas interchangeables. Le premier concerne des personnes non mariées, le deuxième une personne mariée, le troisième un penchant et le dernier un excès de plaisirs en général.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre fornication et adultère ?

La fornication désigne une relation sexuelle entre deux personnes dont aucune n'est mariée. L'adultère suppose qu'au moins l'une d'elles soit mariée à quelqu'un d'autre. Le Catéchisme de l'Église catholique traite d'ailleurs les deux notions dans des paragraphes distincts.

Le mot fornication est-il vulgaire ?

Non. C'est un mot savant, issu du latin de l'Église, qui relève d'un registre soutenu ou religieux. Son emploi pour parler de relations sexuelles en général est noté comme familier par le Larousse, souvent avec une intention ironique.

La fornication est-elle condamnée par toutes les religions ?

Le mot français vient du christianisme, mais des notions voisines existent ailleurs, comme la zinā en islam ou les mots de la famille de zanah dans la Bible hébraïque. Leur définition, leur gravité et leurs conséquences varient selon les traditions, les écoles d'interprétation et les époques. Le terme fornication n'en est qu'une traduction approximative.

Comment prononce-t-on fornication ?

On prononce [fɔʁ.ni.ka.sjɔ̃], soit for-ni-ca-tion en quatre syllabes. Dans la poésie classique, on comptait cinq syllabes en détachant la finale, comme le signale le Littré.

Sources

  1. dictionnaire-academie.fr — https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9F1310
  2. larousse.fr — https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/fornication/34678
  3. littre.reverso.net — https://littre.reverso.net/dictionnaire-francais/definition/fornication
  4. vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca — https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/8369962/fornication
  5. vatican.va — https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P80.HTM
  6. dictionnaire-academie.fr — https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A1F0163
  7. fr.wiktionary.org — https://fr.wiktionary.org/wiki/fornication
  8. quran.com — https://quran.com/fr/24/2

Article vérifié le 22 octobre 2026. Information générale, ce n'est pas un conseil juridique ni religieux. Une erreur ? Signalez-la.

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