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Bilan démographique 2025 : plus de décès que de naissances, des mariages en légère hausse

Par la rédaction de fornication.frPublié le Vérifié le Lecture : 11 min7 sources
Couverture illustrée : deux alliances sur une carte (France), 2026
L'essentiel

Que dit le bilan démographique 2025 de l'Insee sur les naissances et les mariages ?

Le 13 janvier 2026, l'Insee a publié son bilan démographique 2025 : 645 000 naissances pour 651 000 décès en France, soit le premier solde naturel négatif depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La fécondité tombe à 1,56 enfant par femme, tandis que les mariages progressent légèrement, avec 251 000 unions célébrées.

Sommaire
  1. Que s'est-il passé le 13 janvier 2026 ?
  2. Que disent exactement les chiffres de l'Insee ?
  3. Mariages, PACS, naissances hors mariage : quelle évolution ?
  4. Pourquoi les naissances reculent-elles ?
  5. Que disent les différents acteurs ?
  6. Qu'est-ce que cela change, et qu'attendre ensuite ?
  7. Questions fréquentes
  8. Sources

Que s'est-il passé le 13 janvier 2026 ?

L'Insee a rendu public, le 13 janvier 2026, son bilan démographique annuel, sous la forme d'un Insee Première, le n° 2087, signé par Hélène Thélot [1]. Ce document fait chaque année le point sur la population, les naissances, les décès, les mariages et les PACS de l'année écoulée. Il s'accompagne de tableaux détaillés, publiés le même jour, sur la population, la fécondité, la mortalité, les unions et la comparaison européenne [2].

Le chiffre qui a retenu l'attention est celui du solde naturel, c'est-à-dire la différence entre les naissances et les décès. Avec 645 000 naissances et 651 000 décès, il s'établit à -6 000 personnes en 2025 [1]. Selon l'Insee, c'est la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale que la France compte plus de décès que de naissances [1]. Le site d'information des maires, Maire-info, a titré le lendemain sur une première depuis 1945 [4].

La population continue pourtant d'augmenter. Au 1er janvier 2026, la France compte 69,1 millions d'habitants, dont 66,8 millions en métropole et 2,3 millions dans les départements d'outre-mer, soit une hausse d'environ 0,25 % en un an [1]. Cette progression repose entièrement sur le solde migratoire, estimé à +176 000 personnes [1][4].

Ces résultats restent provisoires. Les naissances, les décès et les mariages sont définitifs jusqu'en 2024 et estimés pour 2025 [2]. Le solde migratoire, lui, n'est définitif que jusqu'en 2022 : pour 2023 à 2025, l'Insee le fixe à la moyenne des trois derniers soldes connus, calculée hors effet de l'accueil de réfugiés ukrainiens en 2022 [2].

Les chiffres clés du bilan démographique 2025 (France, données provisoires)

Indicateur2025Point de comparaison
Naissances645 000-2,1 % sur un an ; environ -24 % depuis 2010
Décès651 000+1,5 % sur un an
Solde naturel-6 000Premier solde négatif depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale
Solde migratoire+176 000Estimation provisoire
Population au 1er janvier 202669,1 millions+0,25 % sur un an
Indicateur conjoncturel de fécondité1,56 enfant par femme1,61 en 2024 ; 2,02 en 2010 (métropole)
Âge moyen des mères à la naissance31,2 ans29,6 ans en 2005
Mariages251 000, dont 7 000 de même sexe+1,4 % sur un an
PACS (dernière année connue)197 200 en 2024Quasi stable par rapport à 2023 ; 2025 non disponible
Naissances hors mariage (données définitives, juillet 2026)59,8 %59,7 % en 2024

Que disent exactement les chiffres de l'Insee ?

Le bilan décrit d'abord une baisse continue des naissances. Les 645 000 naissances de 2025 sont inférieures de 2,1 % à celles de 2024 et d'environ 24 % à celles de 2010 [1]. Maire-info rappelle qu'on comptait près de 830 000 naissances en 2010, soit environ 200 000 enfants de moins par génération en quinze ans [4].

La fécondité suit la même pente. L'indicateur conjoncturel de fécondité, qui mesure le nombre moyen d'enfants qu'aurait une femme selon les comportements de l'année, atteint 1,56 enfant par femme en 2025, et 1,53 en métropole [1]. Il était de 1,61 en 2024 et de 2,02 en métropole en 2010 [1]. L'Insee le situe au plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale [1]. Maire-info précise que le nombre de femmes en âge d'avoir des enfants augmente légèrement depuis 2015 : la baisse des naissances tient donc bien au recul de la fécondité [4].

Les parents ont leurs enfants plus tard. L'âge moyen des mères à la naissance atteint 31,2 ans en 2025, contre 29,6 ans en 2005 ; celui des pères passe de 32,6 à 34,1 ans sur la même période [1].

Du côté des décès, la hausse de 1,5 % s'explique en partie par une épidémie de grippe hivernale et par des épisodes de fortes chaleurs [1]. Le nombre de décès augmente depuis 2011, à mesure que les générations nombreuses du baby-boom atteignent les âges où la mortalité est forte [4]. L'espérance de vie à la naissance progresse encore légèrement, à 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes ; l'écart entre les sexes est tombé à 5,6 ans, contre 7,1 ans en 2005 [1].

Le vieillissement de la population en découle. Au 1er janvier 2026, les 65 ans ou plus représentent 22,2 % des habitants, contre 16,4 % en 2006, et les moins de 20 ans 22,5 %, contre 25,1 % vingt ans plus tôt [1]. Les deux groupes sont désormais presque aussi nombreux. À l'échelle européenne, la France restait en 2023 le deuxième pays le plus fécond de l'Union, avec 1,65 enfant par femme, derrière la Bulgarie à 1,81 [1].

Mariages, PACS, naissances hors mariage : quelle évolution ?

Les mariages progressent légèrement, à contre-courant des naissances. L'Insee estime à 251 000 le nombre de mariages célébrés en 2025, soit 1,4 % de plus qu'en 2024 [1]. Parmi eux, 244 000 ont uni des personnes de sexe différent et 7 000 des personnes de même sexe [1]. Les séries longues publiées avec le bilan permettent de suivre les mariages depuis 1901 en métropole, l'âge moyen des mariés et les PACS depuis leur création en 1999 [3].

Pour les PACS, l'Insee ne dispose pas encore des chiffres de 2025. En 2024, dernière année connue, 197 200 pactes ont été conclus, dont 186 800 entre personnes de sexe différent et 10 400 entre personnes de même sexe, un total quasi stable par rapport à 2023 [1]. Les mariages restent donc plus nombreux que les PACS, mais l'écart n'est plus que de quelques dizaines de milliers d'unions par an. La place respective de chaque statut est détaillée dans l'article sur le mariage, encore la norme en France ?.

Le bilan de janvier ne traite pas des naissances hors mariage, mais les données définitives publiées le 6 juillet 2026 le complètent. Elles comptent 643 905 naissances en 2025, un peu moins que les 645 000 estimées en janvier [5]. Parmi elles, 59,8 % concernent des enfants dont les parents ne sont pas mariés, contre 59,7 % en 2024 et 58,5 % en 2023 [5].

L'Insee signale une rupture de série. Depuis la rénovation des bulletins de naissance, le formulaire demande explicitement la situation matrimoniale des parents et la date de leur mariage, ce qui permet d'identifier davantage de parents mariés [5]. Les taux de 2021 (63,5 %) et de 2022 (65,2 %, en partie affecté par le changement) ne sont donc pas directement comparables [5]. La rubrique « père » a aussi été remplacée par une rubrique « second parent », occupée par un père dans 99,5 % des cas en 2025 [5].

L'enquête Erfi 2 de l'Ined, publiée en juillet 2026, confirme ce découplage entre mariage et parentalité : deux premières naissances sur trois y ont lieu hors mariage, et une sur six dans le cadre d'un PACS [7]. L'évolution sur soixante ans est retracée dans l'article sur les naissances hors mariage.

Pourquoi les naissances reculent-elles ?

Le bilan de l'Insee décrit la baisse sans en détailler les causes, qui font l'objet d'interprétations diverses. Maire-info en relève plusieurs dans son compte rendu [4]. Selon l'Union nationale des associations familiales (Unaf), citée pour une enquête de 2020, le désir d'enfant resterait élevé mais serait freiné par le logement, l'accès à un emploi stable et l'affaiblissement des aides aux parents [4]. D'autres facteurs sont souvent avancés, comme la hausse du taux d'emploi des femmes et le report de la première naissance [4].

Une autre lecture insiste sur le recul du désir d'enfant lui-même. Une étude de l'Ined publiée en juillet 2025, citée par Maire-info, l'attribue en partie aux incertitudes du moment : réchauffement climatique, risques de guerre, instabilité politique [4]. Les premiers résultats complets de l'enquête Erfi 2, parus en juillet 2026, vont dans ce sens : le nombre idéal d'enfants déclaré par les femmes est passé de 2,7 en 1998 à 2,3 en 2024, et la part des personnes qui n'envisagent aucun enfant a doublé entre 2005 et 2024, de 6 % à 12 % [7].

La même enquête montre le poids de la vie de couple dans les projets de naissance. L'une de ses fiches s'intitule d'ailleurs « Indépendance et vie de couple : deux préalables à l'arrivée du premier enfant » [7]. Parmi les 18-34 ans sans enfant qui vivent encore chez leurs parents, 1 % seulement sont en couple cohabitant, et leurs intentions de naissance à trois ans sont nettement plus faibles que celles des jeunes déjà partis [7]. Parmi les femmes de 35 à 49 ans qui souhaitent un enfant sans en avoir, 39 % seulement vivent en couple [7]. L'Ined relève par ailleurs que les jeunes quittent de plus en plus tard le domicile de leurs parents [7].

Que disent les différents acteurs ?

À l'Assemblée nationale, une mission d'information sur les causes et les conséquences de la baisse de la natalité avait été créée le 20 mai 2025, à l'initiative du groupe Horizons [6]. Présidée par Constance de Pélichy (LIOT, Loiret), avec pour rapporteur Jérémie Patrier-Leitus (Horizons, Calvados), elle a présenté ses conclusions dans un dossier de presse daté du 11 février 2026, qui reprend les chiffres du bilan de janvier [6]. Elle s'appuie sur 50 auditions et tables rondes et sur une consultation citoyenne qui a recueilli près de 30 000 contributions entre le 23 octobre et le 4 décembre 2025 [6].

La mission estime que le désir d'enfant reste largement présent en France, mais que les conditions de son accueil sont jugées de plus en plus contraignantes [6]. Pour le premier enfant, elle évoque surtout un climat d'incertitude ; pour les suivants, des freins matériels comme le logement et le coût de la vie [6]. Elle juge la politique familiale fragmentée et peu lisible, et regrette qu'elle ait perdu son caractère universel [6].

Ses 37 propositions portent sur l'argent, le logement, les congés et la garde des enfants. Parmi elles figure un versement familial unique de 250 euros par enfant et par mois, dès le premier enfant et sans condition de ressources [6]. Le rapporteur propose aussi un congé parental unifié, dont douze mois rémunérés en proportion du salaire, un congé de paternité obligatoire de quinze jours et un prêt à taux zéro à chaque naissance [6]. Le dossier de presse ne comporte en revanche aucune mesure sur le mariage, le PACS ou la vie de couple [6].

D'autres institutions mettent l'accent sur les conséquences économiques. Maire-info rappelle qu'un rapport du Haut-commissariat à la stratégie et au plan, publié en septembre 2025, décrivait une « marée » de dénatalité touchant successivement les écoles, les collèges, les universités puis le marché du travail, et préconisait une stratégie d'immigration de travail [4]. Ces lectures ne s'excluent pas : elles diffèrent surtout par le levier qu'elles privilégient, entre politique familiale, conditions de vie et immigration.

Qu'est-ce que cela change, et qu'attendre ensuite ?

Un solde naturel négatif ne signifie pas que la population diminue, puisque les arrivées compensent encore l'écart entre décès et naissances [1]. Il marque toutefois une bascule : la croissance démographique dépend désormais du solde migratoire. La mission d'information en tire des conséquences pour le financement des retraites, de la santé et de la dépendance, pour le marché du travail et pour les territoires, menacés de fermetures d'écoles, de maternités et de services publics [6].

Pour le couple et la famille, le bilan confirme deux tendances de fond. Le mariage se maintient autour de 250 000 unions par an, avec un PACS qui s'en rapproche, tandis que les naissances hors mariage restent majoritaires [1][5]. La baisse des naissances ne s'accompagne donc pas d'un recul du mariage en 2025, mais d'une vie familiale de plus en plus détachée de ce cadre. Les différents statuts du couple sont comparés dans l'article sur l'union libre, le PACS et le mariage.

Plusieurs chiffres doivent encore être consolidés. Les mariages de 2025 sont des estimations, et le nombre de PACS conclus en 2025 n'était pas disponible en janvier [1]. Les naissances définitives, connues depuis juillet 2026, ont déjà légèrement révisé l'estimation initiale [5].

Le débat public, lui, se poursuit. Le rapporteur de la mission souhaite que des expérimentations du congé parental unifié soient autorisées dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 [6]. L'Ined prévoit de réinterroger les participants de l'enquête Erfi 2 en 2027 puis en 2030, ce qui permettra de mesurer si les intentions de naissance déclarées en 2024 se réalisent [7].

Questions fréquentes

Y a-t-il eu plus de décès que de naissances en France en 2025 ?

Oui. Selon le bilan démographique publié par l'Insee le 13 janvier 2026, la France a enregistré 651 000 décès pour 645 000 naissances en 2025 [1]. Le solde naturel est négatif, à -6 000, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale [1].

Combien d'enfants par femme en France en 2025 ?

1,56 enfant par femme, selon l'indicateur conjoncturel de fécondité estimé par l'Insee, et 1,53 en métropole [1]. C'est moins qu'en 2024 (1,61) et nettement moins qu'en 2010, quand l'indicateur atteignait 2,02 en métropole [1]. L'Insee le situe au plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale.

Les mariages ont-ils augmenté en 2025 ?

Oui, légèrement. L'Insee estime à 251 000 le nombre de mariages célébrés en 2025, soit 1,4 % de plus qu'en 2024 [1]. Parmi eux, 7 000 ont uni des personnes de même sexe [1]. Ces chiffres sont provisoires et seront consolidés dans les publications suivantes.

Combien de PACS ont été conclus en 2025 ?

Le chiffre n'était pas connu lors de la publication du bilan, en janvier 2026 [1]. La dernière année disponible est 2024, avec 197 200 PACS, dont 10 400 entre personnes de même sexe, un total quasi stable par rapport à 2023 [1].

Quelle part des bébés naît hors mariage en France ?

59,8 % en 2025, selon les données définitives publiées par l'Insee le 6 juillet 2026, contre 59,7 % en 2024 [5]. Une rupture de série, liée à la refonte des bulletins de naissance en 2023, empêche de comparer directement ces chiffres à ceux des années antérieures [5].

La population française diminue-t-elle ?

Non. Au 1er janvier 2026, la France compte 69,1 millions d'habitants, soit environ 0,25 % de plus qu'un an plus tôt [1]. La hausse s'explique par le solde migratoire, estimé à +176 000 personnes, qui compense le solde naturel négatif [1][4].

Pourquoi la natalité baisse-t-elle en France ?

Les explications varient selon les acteurs. La mission d'information de l'Assemblée nationale met en avant un climat d'incertitude et des freins matériels comme le logement [6]. L'Ined observe aussi un recul du désir d'enfant, le nombre idéal d'enfants déclaré par les femmes passant de 2,7 en 1998 à 2,3 en 2024 [7].

Sources

  1. insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/8719824
  2. insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/8721209
  3. insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/8721187
  4. maire-info.com — https://maire-info.com/en-2025-pour-la-premiere-fois-depuis-1945-il-y-a-eu-plus-de-deces-que-de-naissances-en-france-article2-30371
  5. insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/9000195
  6. assemblee-nationale.fr — https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/contenu/telechargement/1101881/file/DP%20MICP%20natalit%C3%A9.pdf
  7. archined.ined.fr — https://archined.ined.fr/download/publication/xqiw0J4Bz90TsWno9kOI/fe7bd4335e59548d194f49a357ff205a1783360109112.pdf

Article vérifié le 23 octobre 2026. Information générale, ce n'est pas un conseil juridique ni religieux. Une erreur ? Signalez-la.

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