Corée du Sud : un record de naissances hors mariage en 2025

Combien d'enfants naissent hors mariage en Corée du Sud ?
En 2025, 14 023 enfants sont nés hors mariage en Corée du Sud, un record depuis le début des statistiques en 1981, selon les données nationales publiées fin août 2026 et analysées par la presse en septembre et octobre. Leur part reste faible : 5,5 % des naissances, contre 5,8 % en 2024 et 2,5 % en 2020.
Sommaire
- Que disent les nouveaux chiffres ?
- Comment la part des naissances hors mariage a-t-elle évolué ?
- Pourquoi des couples ont-ils des enfants sans se marier ?
- Que pèse la « pénalité du mariage » ?
- Que disent les experts et les responsables politiques ?
- Où se situe la Corée par rapport à l'OCDE et à la France ?
- Et ensuite ?
- Questions fréquentes
- Sources
Que disent les nouveaux chiffres ?
La Corée du Sud a enregistré 14 023 naissances hors mariage en 2025, le chiffre le plus élevé depuis que l'administration statistique a commencé à les compter, en 1981 [1][2][8]. C'est 196 de plus qu'en 2024, année où l'on en avait recensé 13 827, soit une hausse de 1,4 % [2][8]. Ces chiffres sont tirés des statistiques nationales des naissances, dont les résultats définitifs pour 2025 ont été publiés fin août 2026 [1][3]. Le JoongAng Daily les a présentés le 3 septembre, puis l'agence Newsis a publié le 8 octobre une analyse détaillée réalisée par le bureau du député Moon Jin-seok [1][2].
Le record porte sur le nombre, pas sur la proportion. Rapportées aux 254 341 naissances de l'année, les naissances hors mariage représentent 5,5 % du total, contre 5,8 % en 2024, qui reste l'année record en part [1][2][8]. L'explication est arithmétique : l'ensemble des naissances a augmenté de 6,7 %, bien plus vite que les naissances hors mariage [2][3]. Seules 2024 et 2025 dépassent la barre des 5 % [2].
Ces naissances restent concentrées dans la région capitale. Séoul, Incheon et la province de Gyeonggi en rassemblent 8 420, soit 60 % du total national [2]. La part des naissances hors mariage y atteint 6,1 %, contre 4,8 % dans le reste du pays [2]. Séoul arrive en tête avec 7,0 %, devant Incheon (6,8 %) et Busan (6,7 %), tandis que Gangwon (3,5 %) et Jeju (3,7 %) ferment la marche [2].
Le contexte démographique éclaire ces chiffres. Le pays a compté 254 300 naissances en 2025, le plus haut niveau depuis 2021, et l'indicateur de fécondité est remonté à 0,80 enfant par femme [3]. Les mères ont en moyenne 33,8 ans à la naissance, et 37,3 % des naissances concernent des femmes de 35 ans ou plus [3].
Repères chronologiques
- 1981Début de la série statistique des naissances hors mariage.
- 2012Pour la première fois, plus de 10 000 naissances hors mariage (10 141).
- 2023Première proposition de loi sur le partenariat de vie, devenue caduque ensuite.
- 202437,2 % des Sud-Coréens jugent acceptable d'avoir un enfant sans être marié.
- 19 mars 2026Environ 240 000 mariages en 2025, plus haut niveau depuis 2018.
- 26 août 2026Statistiques définitives : 254 300 naissances en 2025, fécondité de 0,80.
- 3 septembre 2026Le JoongAng Daily rapporte 14 023 naissances hors mariage en 2025, un record.
- 8 octobre 2026Newsis publie l'analyse du bureau du député Moon Jin-seok sur la « pénalité du mariage ».
Naissances hors mariage en Corée du Sud (statistiques nationales)
| Année | Naissances hors mariage | Part des naissances |
|---|---|---|
| 2012 | 10 141 | n.c. |
| 2015 | n.c. | 1,9 % |
| 2018 | n.c. | 2,2 % |
| 2020 | 6 876 | 2,52 % |
| 2022 | n.c. | 3,9 % |
| 2023 | 10 857 | 4,7 % |
| 2024 | 13 827 | 5,8 % (record en part) |
| 2025 | 14 023 (record en nombre) | 5,5 % |
Comment la part des naissances hors mariage a-t-elle évolué ?
La part des naissances hors mariage a presque triplé en dix ans. Elle était de 1,9 % en 2015, selon Newsis, et tournait autour de 2 % entre 2014 et 2017, d'après l'office statistique [2][4]. Elle est passée à 2,2 % en 2018, 3,9 % en 2022, puis 4,7 % en 2023 [2][4]. En nombre, on comptait 6 876 naissances hors mariage en 2020, soit 2,52 % du total : le chiffre de 2025 en représente plus du double [1].
Le seuil des 10 000 naissances annuelles hors mariage avait été franchi une première fois en 2012, avec 10 141 enfants, avant un reflux dès l'année suivante [2]. Il a été retrouvé en 2023, avec 10 857 naissances, et le nombre progresse sans interruption depuis 2021 [2]. Le renversement géographique est frappant. En 2015, la région capitale avait une part plus faible que le reste du pays, 1,7 % contre 2,0 % ; c'est désormais l'inverse [2]. À Séoul, la part a gagné 5,2 points en dix ans, passant de 1,8 % à 7,0 % [2].
L'office statistique avait déjà relevé le tournant l'an dernier. En août 2025, en présentant le record de 2024, Park Hyun-jeong, de l'office, attribuait la hausse au recul de l'idée qu'un enfant doit naître dans le mariage [4].
Pourquoi des couples ont-ils des enfants sans se marier ?
Les spécialistes avancent des raisons à la fois culturelles et économiques. Selon les experts interrogés par le JoongAng Daily, l'indépendance financière croissante des femmes, l'évolution du regard porté sur les naissances hors mariage et le choix de la cohabitation plutôt que du mariage légal se combinent [1][5]. Certains couples veulent aussi échapper au coût des noces et aux hiérarchies familiales rigides associées au mariage traditionnel [1].
L'opinion a nettement bougé. Dans l'enquête sociale nationale de 2024, 37,2 % des Sud-Coréens jugeaient acceptable d'avoir un enfant sans être marié, contre 22,5 % en 2014 [1]. La proportion était de 21,5 % en 2008 [4] et atteint 42,8 % chez les personnes de 20 à 29 ans [1]. Une majorité de la population reste donc réservée, mais l'écart entre générations est net.
Les parcours individuels rapportés par la presse illustrent cette diversité. Le JoongAng Daily cite une femme enceinte de 34 ans qui vit avec son compagnon sans avoir déclaré de mariage, en partie pour des raisons liées à l'accès au logement [5]. Il évoque aussi une médecin de 39 ans qui a eu deux enfants grâce à une banque de sperme danoise ; le journal souligne que les femmes non mariées peinent à accéder en Corée à une assistance médicale à la procréation avec don de sperme [5].
Que pèse la « pénalité du mariage » ?
La « pénalité du mariage » désigne les aides publiques qui deviennent moins accessibles une fois l'union déclarée à l'état civil. L'exemple le plus cité est le prêt Didimdol destiné aux primo-accédants : un célibataire y a droit jusqu'à 70 millions de wons de revenu annuel, un couple de jeunes mariés jusqu'à 85 millions de wons de revenus cumulés [1][2]. Deux personnes gagnant chacune 50 millions de wons sont donc éligibles séparément, mais plus une fois mariées [2]. D'autres prêts au logement additionnent aussi les revenus des conjoints [2].
Ce mécanisme pousse des couples à différer la déclaration de leur union. En 2025, 47 096 des 240 326 couples mariés, soit 19,6 %, ont fait enregistrer leur mariage plus d'un an après l'avoir effectivement contracté [2]. Ils étaient 12,8 % en 2020 [2]. La propriété d'un logement par l'un des conjoints peut en outre faire perdre à l'autre les avantages réservés aux primo-accédants [2].
Le JoongAng Daily signale un assouplissement à partir d'octobre 2026 : le couple restera éligible avec 85 millions de wons de revenus cumulés, ou si l'un des conjoints gagne au plus 70 millions [1]. Des écarts subsistent toutefois entre couples mariés et non mariés [1].
Que disent les experts et les responsables politiques ?
Les positions vont de l'adaptation des institutions aux nouvelles familles à la levée des obstacles au mariage. Pour Kim Young-chul, professeur d'économie à l'université Sogang, la société accepte mieux les familles formées hors mariage, et les institutions doivent évoluer pour ne pas les désavantager [1][5]. Byoun Soo-jung, de l'Institut coréen pour la santé et les affaires sociales, y voit le signe d'un lien qui se distend entre mariage et naissance ; elle relève que les statistiques ne distinguent pas les différents types de naissances hors mariage [1].
Heo Min-sook, du Service de recherche de l'Assemblée nationale, estime que les institutions sont en retard sur la diversité des familles, notamment pour les soins, l'aide aux proches et la protection sociale [1]. Seol Dong-hoon, professeur de sociologie à l'université nationale de Jeonbuk, juge que la crainte de perdre des avantages économiques a pu contribuer à la hausse ; pour des jeunes sous pression financière, retarder la déclaration peut relever du choix contraint [2].
Le député démocrate Moon Jin-seok impute une partie de la hausse à la pénalité du mariage et demande que se marier ne soit plus un choix désavantageux [2]. Sur le plan législatif, une proposition de loi dite sur le « partenariat de vie » a été déposée pour la première fois en 2023 [1]. Devenue caduque avec la fin de la législature, elle a été déposée de nouveau à l'Assemblée nationale, où elle n'a pas avancé depuis [1]. Le JoongAng Daily cite en exemples étrangers le PACS français, le partenariat enregistré néerlandais et l'accès des femmes non mariées à la procréation assistée en Suède [1].
Où se situe la Corée par rapport à l'OCDE et à la France ?
La Corée du Sud reste l'un des pays développés où l'on naît le moins hors mariage. Selon la base de données de l'OCDE sur la famille, mise à jour en octobre 2025, 43 % des naissances avaient lieu hors mariage en moyenne dans les pays membres en 2023, contre 23 % en 1995 et 7 % en 1970 [7]. La Corée, le Japon et la Turquie occupent le bas du classement, avec des parts de l'ordre de 2 à 4 % dans les données de l'OCDE [7]. Les statistiques nationales coréennes donnent toutefois des niveaux un peu plus élevés : 4,7 % dès 2023, puis 5,5 % en 2025 [2]. À l'autre extrémité, le Chili atteint 78 % [7].
La France se situe parmi les pays où cette part dépasse la moitié [7]. Depuis le milieu des années 2000, la majorité des enfants y naissent de parents non mariés, et la proportion avoisine six sur dix, comme l'explique notre article sur les naissances hors mariage en France. Même à son niveau record, la Corée reste donc environ dix fois en dessous.
La différence tient aussi au droit et aux institutions. En France, le PACS et l'union libre offrent des cadres reconnus à la vie de couple, détaillés dans notre article sur l'union libre, le PACS et le mariage. En Corée, la proposition de loi sur le partenariat de vie n'a pas abouti, et c'est précisément le PACS que la presse coréenne cite en modèle [1]. Comme ailleurs en Asie de l'Est, le mariage y reste la porte d'entrée presque obligée de la parentalité, ce qui explique l'attention portée au rebond récent des mariages en Asie de l'Est.
Et ensuite ?
Le débat devrait se poursuivre sur deux terrains. Le premier est financier : l'assouplissement des plafonds de revenus des prêts au logement, prévu en octobre 2026, sera scruté pour voir s'il réduit la part des mariages déclarés tardivement [1][2]. Le second est juridique : la proposition de loi sur le partenariat de vie reste en attente à l'Assemblée nationale [1].
Les chiffres de 2026 diront aussi si la reprise de la natalité se confirme. La fécondité remontée à 0,80 enfant par femme en 2025 est présentée par la presse coréenne comme un possible tournant [3]. Les mariages ont atteint en 2025 leur plus haut niveau depuis 2018, avec environ 240 000 unions, en hausse de 8,1 % [6]. Si la reprise des naissances repose d'abord sur ces mariages, la part des naissances hors mariage pourrait marquer le pas, comme en 2025. Si elle continue de progresser malgré tout, ce sera le signe d'un changement plus profond des normes familiales.
Les chercheurs plaident enfin pour des données plus fines. Byoun Soo-jung souligne que les statistiques actuelles ne distinguent pas les différents types de naissances hors mariage [1]. Or l'analyse publiée par Newsis relie justement une partie de la hausse aux couples qui retardent la déclaration de leur mariage [2].
Questions fréquentes
Combien d'enfants sont nés hors mariage en Corée du Sud en 2025 ?
14 023 enfants sont nés hors mariage en Corée du Sud en 2025, selon les statistiques nationales. C'est le chiffre le plus élevé depuis le début de la série en 1981. Il dépasse de 196 celui de 2024, qui s'élevait à 13 827.
Quelle part des naissances a lieu hors mariage en Corée du Sud ?
5,5 % des naissances en 2025, contre 5,8 % en 2024, l'année record en proportion. La part a légèrement reculé parce que l'ensemble des naissances a augmenté plus vite. Elle n'était que de 1,9 % en 2015.
Pourquoi les naissances hors mariage augmentent-elles en Corée du Sud ?
Les experts citent l'indépendance financière des femmes, un regard plus tolérant sur les naissances hors mariage et la cohabitation sans mariage légal. Le coût des noces et des aides publiques moins favorables aux couples mariés jouent aussi. Ces explications relèvent de l'analyse, les statistiques ne distinguant pas les situations familiales.
Qu'est-ce que la « pénalité du mariage » en Corée du Sud ?
C'est la perte de certaines aides une fois le mariage déclaré, parce que les revenus des conjoints sont alors additionnés. Pour le prêt immobilier Didimdol, le plafond est de 70 millions de wons pour un célibataire, mais de 85 millions pour un couple marié. En 2025, 19,6 % des couples ont déclaré leur mariage plus d'un an après l'avoir contracté.
Les Sud-Coréens acceptent-ils d'avoir un enfant sans être mariés ?
De plus en plus, mais une majorité reste réservée. En 2024, 37,2 % des personnes interrogées par l'enquête sociale nationale jugeaient acceptable d'avoir un enfant sans être marié, contre 22,5 % en 2014. Chez les 20-29 ans, la proportion atteint 42,8 %.
Existe-t-il un équivalent du PACS en Corée du Sud ?
Non : aucune loi de ce type n'a été adoptée. Une proposition de loi sur le « partenariat de vie », déposée pour la première fois en 2023, est devenue caduque puis a été redéposée, sans avancer depuis. Le PACS français est souvent cité en exemple dans ce débat.
Combien d'enfants sont nés en Corée du Sud en 2025 ?
254 300 enfants sont nés en Corée du Sud en 2025, soit 6,7 % de plus qu'en 2024. C'est le plus haut niveau depuis 2021. L'indicateur de fécondité est remonté à 0,80 enfant par femme, contre 0,75 en 2024.
Sources
- koreajoongangdaily.com — https://www.koreajoongangdaily.com/korea/births-outside-marriage-in-korea-hit-record-high-as-family-norms-shift-1/12851164
- newsis.com — https://newsis.com/view/NISX20261007_0003818171
- koreatimes.co.kr — https://koreatimes.co.kr/southkorea/society/20260826/koreas-births-rise-67-to-254300-in-2025
- koreajoongangdaily.com — https://www.koreajoongangdaily.com/korea/births-out-of-wedlock-hit-record-high-in-2024/12211696
- koreajoongangdaily.com — https://www.koreajoongangdaily.com/korea/not-married-with-children-koreans-break-from-convention-as-they-build-families/12852468
- koreaherald.com — https://www.koreaherald.com/article/10698395
- webfs.oecd.org — https://webfs.oecd.org/Els-com/Family_Database/SF_2_4_Share_births_outside_marriage.pdf
- hankyung.com — https://www.hankyung.com/article/2026100804867
Article vérifié le 23 octobre 2026. Information générale, ce n'est pas un conseil juridique ni religieux. Une erreur ? Signalez-la.


