Union libre, PACS ou mariage : comment vivent les couples en France

Combien de couples vivent en union libre ou pacsés en France ?
En France, la vie commune sans mariage est devenue courante. Au recensement de 2022, 71 % des couples de sexe différent étaient mariés, 10 % pacsés et 19 % ni l'un ni l'autre, selon l'Insee. En 2016, 60 % des 18-29 ans en couple vivaient en union libre. Le PACS, créé en 1999, a enregistré 197 200 contrats en 2024.
Sommaire
- Quelles sont les trois façons de vivre en couple en France ?
- Quels droits distinguent mariage, PACS et union libre ?
- Quelle part des couples vit en union libre ?
- Comment le PACS s'est-il imposé depuis 1999 ?
- L'âge change-t-il le choix du statut ?
- Qui choisit le PACS ou l'union libre ?
- Les territoires ont-ils des préférences ?
- Questions fréquentes
- Sources
Quelles sont les trois façons de vivre en couple en France ?
Le droit français connaît trois situations. Le mariage, célébré en mairie par le maire ou un adjoint après la publication des bans, crée le lien juridique le plus complet [15]. Le pacte civil de solidarité, ou PACS, est un contrat signé par deux personnes majeures pour organiser leur vie commune, ouvert aux couples de même sexe comme de sexe différent [6]. L'union libre, appelée aussi concubinage, désigne la vie commune sans aucun de ces deux engagements.
La loi du 15 novembre 1999 qui a créé le PACS [16] a aussi donné au concubinage une définition légale. Il s'agit d'une union de fait, caractérisée par une vie commune stable et continue, entre deux personnes de sexe différent ou de même sexe ; le Conseil constitutionnel a validé cette définition dans sa décision du 9 novembre 1999 [13].
Les obligations varient selon le statut. Les partenaires pacsés s'engagent à vivre ensemble, à s'apporter une aide matérielle proportionnelle à leurs moyens et à s'assister en cas de difficulté [7]. Les concubins, eux, ne sont liés par aucune obligation légale de ce type, ce qui justifie selon le Conseil constitutionnel la différence de traitement entre les deux situations [13].
Le recensement a longtemps ignoré ces nuances. Il enregistrait surtout l'état matrimonial légal ; il s'intéresse désormais à la situation conjugale de fait, ce qui permet de compter les couples pacsés et en union libre [1].
Repères chronologiques
- 1999Loi du 15 novembre 1999 : création du PACS ; 6 151 contrats signés avant le 31 décembre.
- 2000Première année pleine : 22 271 PACS.
- 2010Le cap des 200 000 est franchi : 205 550 PACS conclus.
- 2017L'enregistrement des PACS passe des tribunaux aux mairies.
- 2021Record de 209 461 PACS, dont 9 810 entre personnes de même sexe.
- 2022202 566 PACS (chiffre révisé par l'Insee en 2026), dont 9 923 entre personnes de même sexe.
- 2024197 176 PACS, pour 248 174 mariages.
Personnes vivant en couple selon le statut (Insee ; Unaf pour 2022)
| Année | Mariées | Pacsées | Union libre |
|---|---|---|---|
| 1990 (métropole) | 87 % | - | 13 % |
| 1999 (métropole) | 82 % | - | 18 % |
| 2011 (métropole) | 76 % | 4 % | 20 % |
| 2016 (métropole) | 73 % | 7 % | 20 % |
| 2022 (France, calcul Unaf) | 70 % | 10 % | 18 % |
Quels droits distinguent mariage, PACS et union libre ?
Le mariage offre la protection la plus large, le PACS une protection intermédiaire, l'union libre presque aucune. Les partenaires pacsés sont solidaires des dettes de la vie courante, sauf dépenses manifestement excessives, et sont imposés en commun sur le revenu [7]. Sauf convention contraire, leurs biens restent séparés ; ils peuvent opter pour l'indivision [7].
Les écarts les plus nets apparaissent au décès. Le partenaire pacsé est exonéré de droits de succession, mais il n'hérite que si l'autre a rédigé un testament [7]. Il n'a pas droit à la pension de réversion, réservée au conjoint survivant d'un couple marié [7]. Le concubin n'est pas héritier non plus et, s'il reçoit un legs par testament, celui-ci est taxé comme entre personnes sans lien de parenté, au taux de 60 % [14].
La séparation suit aussi des règles différentes. Le divorce passe par un juge ou par une convention enregistrée chez un notaire, alors que le PACS se dissout par une déclaration conjointe ou par la décision d'un seul partenaire, signifiée à l'autre [14]. Les concubins se séparent sans aucune formalité [14]. Le détail juridique figure dans l'article sur mariage, PACS et concubinage en droit.
Quelle part des couples vit en union libre ?
Environ une personne en couple sur cinq. Selon la série de l'Insee, la part de l'union libre est passée de 13 % des personnes en couple en 1990 à 18 % en 1999, puis à 20 % en 2011 et en 2016 [1]. Dans le même temps, la part des personnes mariées a reculé de 87 % à 73 % [1].
Le recensement de 2016 fournit une photographie détaillée. Sur 30,5 millions de personnes vivant en couple sous le même toit, 72 % étaient mariées, 7 % pacsées et 21 % en union libre [2]. Les couples de même sexe, recensés en 2022, présentent une autre répartition : 39 % mariés, 25 % pacsés et 36 % ni l'un ni l'autre [10].
Les données plus récentes confirment cette stabilité. Selon le calcul de l'Unaf à partir du recensement, sur 32 millions de personnes en couple en 2022, 70 % étaient mariées, 18 % en union libre et 10 % pacsées [12]. La progression de l'union libre s'est donc arrêtée depuis le début des années 2010 : le PACS a pris le relais comme alternative au mariage, en particulier chez les jeunes adultes [1][2]. La place qu'y conserve le mariage est analysée dans l'article le mariage est-il encore la norme ?.
Comment le PACS s'est-il imposé depuis 1999 ?
Le PACS a connu une ascension rapide. Créé fin 1999, il a été signé 6 151 fois entre le 15 novembre et le 31 décembre de cette année-là, puis 22 271 fois en 2000 [4]. Dix ans plus tard, en 2010, il dépassait pour la première fois les 200 000 contrats, avec 205 550 PACS [4].
Le nombre est resté élevé depuis. L'Insee recense 209 461 PACS en 2021, un record, puis 202 566 en 2022 et 196 132 en 2023 [11]. Ces deux derniers chiffres ont été révisés en janvier 2026, d'environ 4 %, après une erreur dans la remontée des données des notaires : ils remplacent les 209 827 et 204 061 contrats publiés auparavant, notamment par l'Ined [11][3].
En 2024, l'Insee compte 197 176 PACS, dont 10 389 entre personnes de même sexe [11]. La même année, 248 174 mariages étaient célébrés [5][11]. Le chiffre des PACS de 2025 n'était pas encore disponible lors du bilan démographique de janvier 2026 [11].
L'accès au PACS a aussi été simplifié. Depuis 2017, les couples peuvent le faire enregistrer gratuitement à la mairie de leur résidence commune, et non plus au tribunal ; un notaire peut aussi s'en charger, contre rémunération [6]. Selon l'Insee, cette ouverture des mairies, effective à partir de novembre 2017, explique en partie la forte progression de 2018 ; le net recul de 2011 tenait, lui, à un changement de fiscalité [16].
L'âge change-t-il le choix du statut ?
Fortement. En 2016, chez les moins de 20 ans vivant en couple, environ 90 % étaient en union libre [2]. Entre 18 et 29 ans, la proportion atteignait 60 %, contre 24 % de mariés et 16 % de pacsés [2].
La répartition bascule vers 30-35 ans. À 30 ans, 41 % des personnes en couple étaient mariées, 40 % en union libre et 19 % pacsées [2]. Le PACS atteint son maximum, entre 17 % et 20 %, entre 26 et 35 ans [2]. Vers 50 ans, environ 80 % des personnes en couple sont mariées [2].
Ces écarts mêlent deux effets. Les jeunes générations choisissent davantage l'union libre et le PACS, mais beaucoup de couples changent aussi de statut au fil du temps. En 2024, 21,5 % des personnes qui se sont mariées étaient pacsées auparavant [9].
Le parcours le plus courant commence donc par une période de vie commune sans contrat. Une partie des couples se pacse ensuite, le plus souvent entre 26 et 35 ans, âges où le PACS atteint sa fréquence maximale [2]. Le mariage, s'il a lieu, vient plus tard : en 2024, l'âge moyen au mariage des couples de sexe différent atteignait 37,6 ans pour les femmes et 39,9 ans pour les hommes [10].
L'âge au PACS augmente lui aussi. En 2016, les partenaires avaient en moyenne 34,8 ans pour les hommes et 32,8 ans pour les femmes en France métropolitaine, soit environ deux ans de plus qu'en 2007 [8]. Chez les plus âgés, l'union libre reprend une petite place : entre 60 et 80 ans, 5 à 7 % des personnes en couple vivent ainsi, souvent après une séparation ou un veuvage [2].
Qui choisit le PACS ou l'union libre ?
Le PACS est plus fréquent chez les diplômés et les cadres, le mariage chez les agriculteurs et les immigrés. En 2016, 12,3 % des diplômés du supérieur vivant en couple étaient pacsés, contre 2,0 % des personnes sans diplôme [2]. Les cadres l'étaient à 11,2 %, les agriculteurs à 2,0 % ; ces derniers étaient mariés à 87,4 % [2].
L'union libre est un peu plus répandue chez les ouvriers, à 23,4 %, que chez les cadres, à 16,4 % [2]. Les immigrés vivant en couple étaient mariés à 83,7 % et pacsés à 2,1 %, contre 70,9 % et 7,6 % des non-immigrés [2].
La situation familiale et le logement comptent aussi. Chez les moins de 30 ans, 19 % des couples avec un enfant sont pacsés, contre 6 % de ceux qui en ont trois [2]. Les jeunes propriétaires sont plus souvent mariés ou pacsés, alors que 71 % des jeunes locataires du parc privé vivent en union libre [2]. Selon l'Insee, la formalisation de l'union sert notamment à protéger le conjoint et les enfants en cas de séparation ou de décès [2].
Les territoires ont-ils des préférences ?
Oui. L'Insee a mis en évidence une géographie des unions : son étude de 2018, fondée sur le recensement de 2016, oppose une France de l'Ouest, où le PACS est plus répandu, à une France de l'Est, plus attachée au mariage [2]. Le titre de l'étude résume ce contraste : les PACS à l'Ouest, les mariages à l'Est.
Les écarts se lisent département par département. Le PACS concernait 9 % des couples en Loire-Atlantique et 10 % en Haute-Garonne et en Ille-et-Vilaine, contre 4 % en Corse [2]. Le mariage atteignait 76 % en Seine-Saint-Denis et 77 % dans la Loire, alors que l'union libre dépassait le quart des couples à Paris et en Corse-du-Sud, et environ un couple sur deux en Guyane [2].
Les grandes villes étudiantes forment un cas à part. À Rennes, Nantes, Toulouse, Bordeaux, Lille, Lyon ou Clermont-Ferrand, au moins 10 % des couples étaient pacsés et 26 % vivaient en union libre ; à Mulhouse, Saint-Étienne, Nîmes ou Argenteuil, plus de 76 % étaient mariés [2]. Ces métropoles concentrent des jeunes, des cadres et des diplômés, profils qui se pacsent davantage [2].
Les données régionales nuancent encore ce schéma. En Occitanie, le PACS représentait 46 % des unions conclues en 2016, contre 45,6 % en France métropolitaine, mais 54 % en Haute-Garonne et 40 % dans le Gard et le Lot [8]. En Nouvelle-Aquitaine, 24,3 % des personnes mariées en 2024 avaient d'abord été pacsées, contre 21,5 % en moyenne nationale [9].
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre union libre et PACS ?
L'union libre est une simple vie commune, sans contrat ni enregistrement. Le PACS est un contrat enregistré en mairie ou chez un notaire, qui crée des obligations de vie commune et d'aide matérielle entre partenaires [6][7]. Il produit aussi des effets fiscaux, comme l'imposition commune et l'exonération de droits de succession, que l'union libre n'offre pas [7].
Combien de PACS sont signés chaque année ?
Environ 200 000 par an ces dernières années. L'Insee en a compté 197 176 en 2024, dont 10 389 entre personnes de même sexe [11]. Le record date de 2021, avec 209 461 contrats ; les chiffres de 2022 et 2023 ont été revus à la baisse en 2026 [11].
Combien de PACS sont rompus chaque année ?
On ne le sait plus précisément. Le dernier chiffre publié remonte à 2016, avec 84 662 dissolutions de PACS, selon l'Ined [3]. Depuis, aucune statistique nationale sur les dissolutions n'est diffusée, comme le rappelle l'Unaf [12].
Peut-on se pacser à la mairie ?
Oui. Depuis 2017, le PACS est enregistré gratuitement par l'officier d'état civil de la mairie de la résidence commune [6]. Les couples peuvent aussi passer par un notaire, de manière payante, ou par un consulat s'ils vivent à l'étranger.
Le PACS mène-t-il souvent au mariage ?
Une partie des couples pacsés se marient ensuite. En 2024, 21,5 % des personnes qui se sont mariées en France étaient pacsées avant leur union [9]. En Occitanie, 44 % des dissolutions de PACS enregistrées en 2016 étaient dues à un mariage [8].
Le concubin hérite-t-il de son partenaire ?
Non. Le concubin n'a aucun droit successoral prévu par la loi : il ne peut recevoir qu'au moyen d'un testament, et ce legs est fortement taxé [14]. Le partenaire pacsé n'hérite pas non plus sans testament, mais il est exonéré de droits de succession [7].
Un partenaire pacsé a-t-il droit à la pension de réversion ?
Non. La pension de réversion est réservée au conjoint survivant d'un couple marié [7]. Des règles particulières peuvent s'appliquer lorsque le partenaire décédé était fonctionnaire ou militaire [7].
Sources
- insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/3146177
- insee.fr — https://insee.fr/fr/statistiques/fichier/version-html/3305188/ip1682.pdf
- ined.fr — https://www.ined.fr/en/everything_about_population/data/france/marriages-divorces-pacs/pacs
- insee.fr — https://insee.fr/fr/statistiques/7929432
- insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/8719824
- service-public.gouv.fr — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1618
- service-public.gouv.fr — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1026
- insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/4620661
- insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/8993510
- insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/8975359
- insee.fr — https://insee.fr/fr/statistiques/2381498
- unaf.fr — https://www.unaf.fr/app/uploads/sites/3/2026/07/chiffres-clefs-des-familles-2026.pdf
- conseil-constitutionnel.fr — https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1999/99419DC.htm
- notairesdugrandparis.fr — https://notairesdugrandparis.fr/fr/print/pdf/node/1756
- service-public.gouv.fr — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F930
- insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/4277624/TEF2020_033.pdf
Article vérifié le 23 octobre 2026. Information générale, ce n'est pas un conseil juridique ni religieux. Une erreur ? Signalez-la.


