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États-Unis : 11 982 livres interdits dans les écoles en un an, un record selon PEN America

Par la rédaction de fornication.frPublié le Vérifié le Lecture : 12 min8 sources
Illustration : un médaillon avec un livre ouvert et l'année 2026, devant la statue de la Liberté, entouré de passants d'aujourd'hui
L'essentiel

Combien de livres ont été interdits dans les écoles américaines en 2025-2026 et pourquoi ?

Le 5 octobre 2026, pendant la Semaine des livres interdits, PEN America a publié son rapport Banned in the USA sur l'année 2025-2026 : 11 982 cas d'interdiction de livres dans les écoles publiques américaines, un record, pour 7 370 titres. Le Texas et la Floride concentrent l'essentiel des retraits, souvent liés à la sexualité, au genre ou au racisme. [1] [2]

Sommaire
  1. Que révèle le rapport de PEN America publié en octobre 2026 ?
  2. Que compte exactement PEN America comme une « interdiction » ?
  3. Pourquoi le Texas et la Floride concentrent-ils les retraits ?
  4. Pourquoi tant de livres sur la sexualité et le couple sont-ils visés ?
  5. Que disent les partisans et les adversaires de ces retraits ?
  6. Que dit la justice américaine sur le retrait de livres ?
  7. Qu'est-ce que cela change et quelle est la suite ?
  8. Questions fréquentes
  9. Sources

Que révèle le rapport de PEN America publié en octobre 2026 ?

Le rapport de PEN America publié le 5 octobre 2026 recense 11 982 cas d'interdiction de livres dans les écoles publiques des États-Unis pendant l'année scolaire 2025-2026, le total le plus élevé depuis le début de ce suivi en 2021 [1] [2]. PEN America est une association de défense de la liberté d'expression qui regroupe des écrivains ; elle a rendu son bilan public pendant la Semaine des livres interdits, le rendez-vous annuel des bibliothécaires et des éditeurs américains [1]. Les retraits touchent 7 370 titres différents et les œuvres de plus de 4 000 auteurs, illustrateurs et traducteurs [2].

Plus de 4 500 titres entrent pour la première fois dans l'index de l'association, un autre record [2]. Parmi ces nouveaux venus figurent Jane Eyre, le roman de Charlotte Brontë, et la série de mangas Tokyo Ghoul de Sui Ishida [1] [3]. La fiction représente plus de 80 % des interdictions recensées, et plus de 90 % des livres pour adolescents retirés sont des romans [2].

L'auteur le plus retiré est, pour la deuxième année de suite, Stephen King, avec 312 retraits, parmi lesquels Shining et La Ligne verte [1] [3]. Le titre le plus souvent visé est Sold, de Patricia McCormick, qui raconte l'histoire d'une jeune fille vendue à un réseau d'exploitation sexuelle en Inde ; il a été retiré 25 fois [1] [3]. La Servante écarlate de Margaret Atwood, Speak de Laurie Halse Anderson et Crank d'Ellen Hopkins reviennent aussi très souvent [1] [2].

Ce chiffre prolonge une hausse déjà forte. Pour l'année scolaire 2023-2024, PEN America avait compté plus de 10 000 interdictions dans les écoles publiques [8]. L'association présente ces données comme un indicateur de l'accès des élèves à la lecture, et non comme un palmarès des livres « dangereux ».

Repères chronologiques

  1. 2021PEN America commence à recenser les interdictions de livres dans les écoles publiques américaines.
  2. avril 2022Des usagers des bibliothèques du comté de Llano (Texas) attaquent en justice le retrait de 17 livres.
  3. 2023Le Texas adopte une loi contre les contenus « sexuellement explicites » en bibliothèque scolaire ; son système de notation sera ensuite en partie bloqué par une cour d'appel fédérale.
  4. 2023-2024PEN America compte plus de 10 000 interdictions dans les écoles publiques sur l'année scolaire.
  5. mai 2025La cour d'appel du cinquième circuit juge que le choix des livres d'une bibliothèque publique relève du « discours de l'État » ; le Parlement texan adopte la loi SB 13.
  6. 8 décembre 2025La Cour suprême des États-Unis refuse d'examiner l'affaire Little v. Llano County.
  7. avril 2026L'American Library Association publie son bilan annuel : environ 5 600 interdictions l'année précédente.
  8. 5 octobre 2026PEN America publie son rapport sur 2025-2026 : 11 982 interdictions, un record.

Les chiffres clés du rapport de PEN America sur l'année scolaire 2025-2026

IndicateurChiffrePrécision
Cas d'interdiction11 982Record depuis le début du suivi en 2021
Titres différents7 370Œuvres de plus de 4 000 auteurs, illustrateurs et traducteurs
Titres nouveaux dans l'indexplus de 4 500Dont Jane Eyre et le manga Tokyo Ghoul
Texasplus de 8 100 casPremier État, devant la Floride
Florideplus de 3 200 casEn tête les trois années précédentes
Auteur le plus retiréStephen King, 312 retraitsDeuxième année consécutive
Titre le plus retiréSold, de Patricia McCormick, 25 retraitsRoman sur l'exploitation sexuelle d'une jeune fille
Part des livres pour adolescents58 %26 % de livres pour adultes
Décompte de l'ALA (année précédente)environ 5 600Retraits définitifs seulement

Que compte exactement PEN America comme une « interdiction » ?

PEN America appelle « interdiction » toute mesure qui supprime ou restreint l'accès des élèves à un livre dans une école, même lorsque le retrait est temporaire [1] [4]. Un ouvrage mis de côté pendant l'examen d'une plainte est ainsi compté comme « interdit dans l'attente d'une enquête », même s'il revient ensuite en rayon [4]. Cette définition large explique une partie de l'écart avec d'autres décomptes.

L'American Library Association (ALA), principale association de bibliothécaires du pays, avait compté environ 5 600 interdictions pour l'année précédente dans un rapport publié en avril 2026 [1] [3]. L'ALA ne retient que les retraits définitifs, alors que PEN America inclut aussi les retraits de courte durée [1] [3]. Les deux organisations ne mesurent donc pas tout à fait la même chose, et leurs chiffres ne doivent pas être additionnés.

L'association estime malgré tout que ses propres chiffres sous-estiment la réalité [2]. Elle évoque une « censure silencieuse » : achats de livres restreints, retraits sans plainte formelle, manque de transparence de certains districts scolaires [2]. Elle relève aussi que des administrateurs s'appuient de plus en plus sur l'intelligence artificielle générative pour trier les fonds, souvent en réponse à des consignes jugées floues [1] [2]. Selon le rapport, certains de ces outils signalent un titre simplement parce que d'autres districts l'ont déjà retiré, sans vérifier s'il répond à la définition juridique de l'obscénité [2].

Pourquoi le Texas et la Floride concentrent-ils les retraits ?

Le Texas totalise à lui seul plus de 8 100 cas, soit plus des deux tiers du total national, et la Floride en compte plus de 3 200 [2]. La Floride, en tête pendant trois années de suite, cède ainsi la première place au Texas en 2025-2026 [2]. Les deux États ont adopté des lois restrictives, et des responsables politiques comme des militants conservateurs y ont réclamé des retraits [1] [3]. PEN America attribue la hausse nationale à ces lois, à la pression politique et aux campagnes de groupes d'intérêt [2].

Au Texas, la loi Senate Bill 13, adoptée définitivement par le Parlement de l'État fin mai 2025, confie aux conseils scolaires élus, et non plus aux bibliothécaires, le dernier mot sur les ouvrages des bibliothèques [5]. Elle permet de créer des conseils consultatifs à la demande de 50 parents ou de 10 % des parents d'un district, le seuil le plus bas étant retenu [5]. Les livres admis doivent respecter les « valeurs de la communauté locale », et le conseil scolaire doit trancher dans les 90 jours toute plainte visant un titre [5]. Les parents peuvent aussi remettre à l'école la liste des livres que leur enfant ne doit pas emprunter [5].

Le texte a été voté par 81 voix contre 48 à la Chambre des représentants du Texas et par 23 voix contre 8 au Sénat de l'État [5]. Il prolonge une loi texane de 2023 destinée à écarter des bibliothèques scolaires les contenus « sexuellement explicites », dont le système de notation des livres a été en partie bloqué par une cour d'appel fédérale [5]. PEN America range la loi SB 13 parmi les mesures qui ont suivi des campagnes d'intimidation menées par des responsables publics [2].

En Floride, la loi HB 1069, qui encadre elle aussi le contenu des bibliothèques scolaires, fait l'objet d'un recours de l'éditeur Penguin Random House, tout comme la loi SF 496 de l'Iowa [7]. Ces procédures montrent que le débat se joue désormais autant devant les tribunaux que dans les conseils scolaires.

Pourquoi tant de livres sur la sexualité et le couple sont-ils visés ?

Les thèmes le plus souvent mis en cause sont la race et le racisme, la sexualité et l'identité de genre, selon PEN America [1] [3]. Les livres pour adolescents forment 58 % des titres retirés, et les livres pour adultes 26 % [4]. Une bonne partie des œuvres visées parle de corps, de désir, de relations amoureuses ou de violences sexuelles, comme Sold, consacré à l'exploitation sexuelle d'une adolescente [1], ou La Servante écarlate, récit d'un régime théocratique qui asservit les femmes à la reproduction.

Les romans graphiques et surtout les mangas sont souvent ciblés [2]. Le rapport décrit un mécanisme qu'il appelle le « context stripping » : une illustration isolée de son récit est jugée choquante parce qu'elle montre de la sexualité, de la violence ou une question de genre, et c'est tout le volume qui est retiré [2].

PEN America observe aussi un « effet lettre écarlate » : une fois qu'un livre d'un auteur est retiré, c'est toute son œuvre qui devient suspecte [2]. L'expression renvoie à La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne (1850), roman où une femme condamnée pour adultère dans une colonie puritaine doit porter un « A » cousu sur sa robe. Le parallèle dit bien le fond du débat : la marque morale attachée à une personne, ou à un auteur, finit par effacer tout le reste.

La querelle n'est pas propre aux États-Unis. En France aussi, des écrivains ont été poursuivis pour immoralité jusqu'au milieu du XXe siècle, comme le rappelle notre article sur les livres jugés immoraux et leur censure. La différence tient au lieu : la censure américaine actuelle ne vise pas la vente des livres, mais leur présence dans les écoles publiques.

Que disent les partisans et les adversaires de ces retraits ?

Les partisans des retraits affirment protéger les enfants et rendre aux parents le contrôle des lectures proposées à l'école [5]. Le député républicain Brad Buckley, qui portait la loi SB 13 à la Chambre du Texas, présente les valeurs de la communauté comme le socle des politiques publiques [5]. Il juge que la crainte de voir disparaître les classiques est un faux débat, et résume sa position ainsi : « nous devrions chérir et valoriser davantage nos enfants » [5].

D'autres contestent la méthode de PEN America plus que ses conclusions. Dans la National Review, revue conservatrice, la journaliste Abigail Anthony écrit le 9 octobre 2026 qu'un livre retiré d'une école reste en vente et qu'il n'est donc pas « interdit » au sens propre [4]. Elle rappelle que les bibliothèques scolaires ont une place limitée et doivent choisir, que restreindre l'accès des élèves à des livres pour adultes est raisonnable, et que certains romans classés « jeunes adultes » contiennent des scènes sexuelles explicites [4]. Elle reproche à l'association d'utiliser ces chiffres contre les républicains, une critique déjà formulée par la revue en 2023 et en 2025 [4].

Les adversaires des retraits y voient une atteinte à la liberté de lire. Pour PEN America, ces interdictions privent les élèves d'un accès à des voix variées et freinent la liberté de lecture [1] [2]. Au Texas, le député démocrate James Talarico a averti que la notion de « valeurs locales » pourrait permettre à de petits groupes très actifs de faire retirer L'Attrape-cœurs, Lonesome Dove ou même la Bible [5]. Sa collègue Erin Zwiener a fait valoir que l'indécence dépend de l'âge : un contenu inadapté à 5 ans ne l'est pas forcément à 17 ans [5].

Les données sur l'origine des plaintes nourrissent aussi la discussion. Un rapport de l'ALA cité en mai 2025 par The Texas Tribune indiquait qu'environ 16 % des plaintes de l'année écoulée venaient de parents, contre 72 % d'élus, de groupes de pression, de membres de conseils scolaires ou d'administrateurs [5]. Les partisans de la loi texane répondent que le texte vise justement à donner plus de poids aux familles [5].

Que dit la justice américaine sur le retrait de livres ?

La justice fédérale n'a pas fixé de règle nationale : la Cour suprême a refusé, le 8 décembre 2025, d'examiner l'affaire Little v. Llano County [6] [7]. La question posée était de savoir si un retrait de livres motivé par le désir de censurer certains points de vue relève du premier amendement, qui protège la liberté d'expression [6]. En refusant de se saisir, la Cour a laissé en place la décision rendue au Texas.

L'affaire avait commencé en avril 2022, quand des usagers des bibliothèques publiques du comté de Llano ont contesté le retrait de 17 livres abordant la sexualité, le genre ou le racisme [7]. Le juge fédéral Robert Pitman avait ordonné leur remise en rayon en mars 2023, et un collège de trois juges de la cour d'appel du cinquième circuit avait confirmé cette décision par deux voix contre une en juin 2024 [7]. En mai 2025, la cour d'appel a renversé cette solution : selon elle, le choix des ouvrages d'une bibliothèque publique relève du « discours de l'État », que le premier amendement ne protège pas [7].

Conséquence : au Texas, en Louisiane et au Mississippi, les trois États de ce circuit, les bibliothèques publiques peuvent retirer des livres pour des raisons politiques ou idéologiques, selon le mémoire déposé par plusieurs éditeurs et la Guilde des auteurs [7]. Pour Dan Novack, de l'éditeur Penguin Random House, « quelque chose a très mal tourné au cinquième circuit » [7]. L'avocat du comté, Jonathan Mitchell, avait au contraire demandé à la Cour d'attendre que d'autres cours d'appel se prononcent [7].

Ce silence de la Cour suprême contraste avec sa jurisprudence sur la vie intime des adultes, protégée depuis 2003, que retrace notre article sur les lois américaines sur la fornication et l'arrêt Lawrence v. Texas. La protection de la vie privée et celle de l'accès aux livres relèvent de fondements juridiques différents.

Qu'est-ce que cela change et quelle est la suite ?

Le rapport change d'abord l'échelle du débat : près de 12 000 cas en un an, contre plus de 10 000 deux ans plus tôt, et un Texas qui pèse désormais plus de deux tiers du total [2] [8]. Pour les élèves concernés, cela signifie des rayons moins fournis, notamment en romans pour adolescents et en mangas [2] [4]. Pour les auteurs, l'« effet lettre écarlate » peut toucher une œuvre entière [2].

Plusieurs échéances sont attendues. Les recours de Penguin Random House contre les lois de la Floride et de l'Iowa devaient être examinés à partir de début 2026, selon le School Library Journal [7]. Si d'autres cours d'appel fédérales jugent autrement que le cinquième circuit, la question pourrait revenir devant la Cour suprême. L'ALA publie de son côté son propre bilan chaque printemps, et le prochain dira si la hausse mesurée par PEN America se retrouve dans les retraits définitifs [1].

Reste la querelle de méthode, qui ne devrait pas s'éteindre. Les uns parlent de censure, les autres de choix pédagogiques et de protection des mineurs [4] [5]. Les deux camps s'accordent au moins sur un point : la place de la sexualité et du couple dans les livres lus par les adolescents est devenue l'un des sujets culturels les plus disputés des États-Unis.

Questions fréquentes

Combien de livres ont été interdits dans les écoles américaines en 2025-2026 ?

PEN America a recensé 11 982 cas d'interdiction de livres dans les écoles publiques américaines pendant l'année scolaire 2025-2026. Ils concernent 7 370 titres différents. C'est le total le plus élevé depuis le début de ce suivi en 2021.

Quel est le livre le plus interdit dans les écoles américaines ?

C'est Sold, de Patricia McCormick, retiré 25 fois en 2025-2026 selon PEN America. Ce roman raconte l'histoire d'une jeune fille vendue à un réseau d'exploitation sexuelle en Inde. La Servante écarlate de Margaret Atwood figure aussi parmi les titres les plus visés.

Quel auteur est le plus retiré des bibliothèques scolaires ?

Stephen King, avec 312 retraits en 2025-2026. Il occupe cette première place pour la deuxième année consécutive. Jodi Picoult et les mangakas Atsushi Ohkubo et Hajime Isayama sont aussi souvent visés.

Pourquoi les chiffres de PEN America et de l'ALA sont-ils différents ?

Parce qu'ils ne comptent pas la même chose. PEN America inclut les retraits temporaires, par exemple pendant l'examen d'une plainte, alors que l'American Library Association ne retient que les retraits définitifs. L'ALA avait ainsi compté environ 5 600 interdictions pour l'année précédente.

Qu'est-ce que la loi SB 13 du Texas ?

C'est une loi texane adoptée fin mai 2025 qui donne aux conseils scolaires élus le dernier mot sur les livres des bibliothèques d'école. Elle permet aux parents de demander la création de conseils consultatifs et impose que les livres respectent les « valeurs de la communauté locale ». Ses partisans y voient une protection des enfants, ses adversaires un risque de retraits arbitraires.

Un livre retiré d'une école est-il interdit à la vente aux États-Unis ?

Non. Les retraits recensés par PEN America concernent l'accès des élèves dans les écoles publiques, pas la vente en librairie ou en ligne. C'est d'ailleurs l'argument de ceux qui contestent l'emploi du mot « interdiction ».

La Cour suprême a-t-elle tranché la question des retraits de livres ?

Non. Le 8 décembre 2025, elle a refusé d'examiner l'affaire Little v. Llano County, laissant en vigueur la décision de la cour d'appel du cinquième circuit. Celle-ci considère que le choix des livres d'une bibliothèque publique relève du « discours de l'État », non protégé par le premier amendement.

Qu'est-ce que l'effet « lettre écarlate » décrit par PEN America ?

C'est le fait qu'après le retrait d'un livre, toute l'œuvre de son auteur devient suspecte et peut être retirée à son tour. L'expression renvoie au roman de Nathaniel Hawthorne, où une femme condamnée pour adultère doit porter un « A » sur sa robe.

Sources

  1. news4jax.com — https://www.news4jax.com/entertainment/2026/10/05/pen-america-nearly-12000-school-book-bans-in-a-year-a-record-high/
  2. tpr.org — https://www.tpr.org/news/2026-10-09/pen-america-reports-record-school-book-bans-with-texas-accounting-for-over-8-000-titles
  3. thepinknews.com — https://www.thepinknews.com/2026/10/08/us-school-book-bans-2026/
  4. nationalreview.com — https://www.nationalreview.com/corner/pen-america-uses-a-shoddy-methodology-again/amp/
  5. texastribune.org — https://texastribune.org/2025/05/26/texas-school-library-bill/
  6. scotusblog.com — https://www.scotusblog.com/cases/little-v-llano-county/
  7. schoollibraryjournal.com — https://www.schoollibraryjournal.com/story/Supreme-Court-Will-Not-Hear-Little-v-Llano-County
  8. pen.org — https://pen.org/book-bans/

Article vérifié le 23 octobre 2026. Information générale, ce n'est pas un conseil juridique ni religieux. Une erreur ? Signalez-la.

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