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Adoptions forcées : le Royaume-Uni demande pardon aux mères non mariées

Par la rédaction de fornication.frPublié le Vérifié le Lecture : 10 min11 sources
Illustration : un médaillon avec une église et l'année 2026, entouré de passants d'aujourd'hui
L'essentiel

Pourquoi le Royaume-Uni s'est-il excusé pour les adoptions forcées en 2026 ?

Le 2 juillet 2026, devant la Chambre des communes, le Premier ministre Keir Starmer a présenté les excuses de l'État britannique aux mères non mariées contraintes de faire adopter leur bébé. Entre 1949 et 1976, environ 185 000 enfants de mères non mariées ont été adoptés en Angleterre et au pays de Galles, souvent contre la volonté de leur mère. [1] [6]

Sommaire
  1. Que s'est-il passé à Westminster le 2 juillet 2026 ?
  2. Que contiennent les excuses et les mesures du gouvernement ?
  3. Qu'appelle-t-on les adoptions forcées de 1949 à 1976 ?
  4. Quel rôle l'Église d'Angleterre a-t-elle reconnu ?
  5. Pourquoi a-t-il fallu attendre 2026 ?
  6. Que disent les victimes, les élus et les associations ?
  7. Qu'est-ce que cela change, et quelle est la suite ?
  8. Questions fréquentes
  9. Sources

Que s'est-il passé à Westminster le 2 juillet 2026 ?

Le jeudi 2 juillet 2026, Keir Starmer a fait une déclaration officielle du gouvernement à la Chambre des communes pour demander pardon, au nom de l'État, aux mères séparées de leur enfant et aux enfants adoptés [1] [2]. Plus tôt dans la journée, il avait reçu des militantes à Downing Street ; certaines ont ensuite suivi la séance depuis la tribune du public [1] [2].

Le Premier ministre a qualifié cette politique de « tache sur notre histoire » [1]. Il a reconnu que des femmes avaient été contraintes, harcelées ou trompées jusqu'à croire qu'elles n'avaient pas le choix, et que des enfants avaient grandi persuadés de ne pas avoir été désirés [1] [2]. Pour lui, l'État porte la responsabilité des systèmes qu'il a financés et légitimés [1] [2].

Il a conclu en s'adressant directement aux mères : « Cette honte est la nôtre », et non la leur [2]. Pendant les échanges qui ont suivi, il a ajouté que l'État s'était trompé et a parlé d'une double injustice : les faits eux-mêmes, puis le long combat pour les faire reconnaître [9].

Le même jour, la ministre de l'Éducation, Bridget Phillipson, a publié une déclaration écrite détaillant les mesures d'accompagnement [3]. Elle précise que ces pratiques ont surtout touché de jeunes femmes non mariées, principalement entre 1949 et 1976 [3].

Repères chronologiques

  1. 1949-1976Environ 185 000 enfants de mères non mariées sont adoptés en Angleterre et au pays de Galles, souvent contre la volonté de leur mère.
  2. 2021La commission mixte des droits de l'homme du Parlement ouvre une enquête sur ces adoptions.
  3. 15 juillet 2022Publication de son rapport « The Violation of Family Life », qui juge l'État responsable.
  4. Mars 2023Le gouvernement conservateur refuse de présenter des excuses.
  5. 2023L'Écosse et le pays de Galles présentent leurs propres excuses.
  6. Juin 2026La ministre Bridget Phillipson annonce que le gouvernement s'excusera.
  7. 18 juin 2026L'archevêque de Canterbury, Sarah Mullally, présente les excuses de l'Église d'Angleterre.
  8. 2 juillet 2026Keir Starmer présente les excuses de l'État devant la Chambre des communes ; 4 millions de livres de mesures sur trois ans.

Les mesures annoncées le 2 juillet 2026 (déclaration écrite HCWS179)

DomaineMesure annoncée
Financement4 millions de livres sur trois ans
DossiersConsultation pour conserver au moins 100 ans les dossiers d'adoption antérieurs à 2005
Accès aux archivesPlateforme nationale d'accès menée par CoramBAAF avec l'Archives and Records Association
InformationExtension de la ligne de conseil FamilyConnect et espaces web dédiés
Recherche des prochesFinancement d'intermédiaires pour les adoptions de 1949-1976, en priorité celles d'avant le 12 novembre 1975
SantéOutils pour les soignants avec NHS England ; mention facultative dans le dossier médical à l'étude
MémoireProjet de recueil de témoignages
SuiviGroupe de référence de personnes concernées et évaluation des mesures

Que contiennent les excuses et les mesures du gouvernement ?

Les excuses s'accompagnent d'un programme de 4 millions de livres sur trois ans, centré sur l'accès aux dossiers et le soutien aux personnes concernées [3]. Il ne comprend aucun dispositif d'indemnisation financière, ce que relève le Morning Star [8].

Le premier volet concerne les archives. Le gouvernement va consulter sur l'allongement à au moins cent ans de la durée de conservation des dossiers d'adoption antérieurs à 2005, pour l'aligner sur les règles appliquées depuis [3]. Il finance une plateforme nationale d'accès aux dossiers d'adoption et de placement, conduite par l'organisme CoramBAAF avec l'Archives and Records Association [3]. Les collectivités et les agences d'adoption recevront des consignes sur le traitement des demandes, avec un suivi plus clair des délais de réponse et moins de passages caviardés sans nécessité [3].

Le deuxième volet vise à aider les familles à se retrouver. La ligne de conseil FamilyConnect sera élargie, et des intermédiaires seront financés pour les adoptions de 1949 à 1976, en priorité celles antérieures au 12 novembre 1975 [3]. Des groupes de soutien entre pairs, en ligne, seront ouverts aux parents de naissance et aux adultes adoptés [3].

Le troisième volet touche la santé. Avec NHS England, le gouvernement prévoit des outils pour aider les soignants à reconnaître ces parcours, y compris l'effet d'une histoire médicale familiale inconnue sur les dépistages ; une mention facultative dans le dossier médical est à l'étude [3]. Un projet de recueil de témoignages, une évaluation des mesures et un groupe de référence composé de personnes concernées complètent le dispositif [3].

Qu'appelle-t-on les adoptions forcées de 1949 à 1976 ?

On appelle adoptions forcées les adoptions d'enfants de mères non mariées réalisées, souvent contre la volonté de ces mères, sous l'effet de pressions sociales, familiales et institutionnelles. La commission mixte des droits de l'homme du Parlement en estime le nombre à environ 185 000 en Angleterre et au pays de Galles entre 1949 et 1976, tout en soulignant qu'un chiffre exact est difficile à établir [6].

Le point de départ était la grossesse hors mariage. Selon le rapport de la commission, publié le 15 juillet 2022 sous le titre « The Violation of Family Life », les femmes enceintes non mariées affrontaient le secret et la honte dès le début de leur grossesse [6] [7]. Beaucoup étaient envoyées loin de chez elles, dans des foyers pour mères et bébés, pour la fin de la grossesse et les semaines suivant l'accouchement [6]. Des témoins ont décrit un traitement délibérément punitif, conçu comme une sanction de leur grossesse hors mariage [6].

Ces foyers étaient tenus notamment par l'Église catholique, l'Église d'Angleterre et l'Armée du salut, qui géraient aussi des agences d'adoption [11]. Selon le résumé de l'agence AP, les pratiques impliquaient les autorités locales, des institutions religieuses et les services de santé et d'action sociale [1]. Le rapport parlementaire rejette une formule souvent entendue : ces mères, écrit-il en substance, n'ont pas donné leur enfant [6].

Les conséquences sont durables. Le rapport relève que de nombreuses mères et de nombreux enfants souffrent encore de troubles psychiques et de difficultés familiales [6]. La commission a examiné ces pratiques au regard du droit à la vie familiale tel qu'on le comprend aujourd'hui, en notant que la Convention européenne des droits de l'homme n'était pas encore en vigueur à l'époque [6].

Quel rôle l'Église d'Angleterre a-t-elle reconnu ?

L'Église d'Angleterre a reconnu son rôle le 18 juin 2026, deux semaines avant l'État [1] [4]. L'archevêque de Canterbury, Sarah Mullally, première femme à diriger cette Église, a présenté ses excuses en publiant une nouvelle étude sur les foyers qui lui étaient rattachés [4] [5].

Le texte de l'archevêque reconnaît que des mères ont été séparées de leur bébé dans des circonstances qui leur laissaient très peu de choix réels [4]. Il admet que des femmes et des jeunes filles ont été astreintes à des travaux pénibles à titre de « correction », et que des préjugés liés notamment à l'origine ethnique et au handicap ont pesé sur leur sort [4]. L'Église se décrit comme partie prenante d'une société attachée au secret et à la respectabilité, qu'elle a contribué à entretenir [4].

L'étude publiée ce jour-là porte sur la période 1949-1976 [5]. Selon l'AP, la politique officielle de l'Église reconnaissait aux mères non mariées le droit de garder leur enfant, mais le personnel l'ignorait souvent et travaillait en lien étroit avec les agences d'adoption [5]. Le rapport relève aussi que des bébés étaient parfois décrits comme des biens destinés à répondre à la demande d'adoption [5]. L'Église s'engage à écouter, à exprimer sa peine et à apprendre, et renvoie vers des services de soutien et de recherche des proches [4].

Pourquoi a-t-il fallu attendre 2026 ?

Il a fallu attendre 2026 parce que les gouvernements précédents contestaient la responsabilité de l'État. En 2021, la commission mixte des droits de l'homme a ouvert une enquête, puis publié son rapport en juillet 2022 [7] [11]. Elle y constate que le gouvernement nie toute responsabilité, mais affirme que l'État répond des actes de ses agents et d'organismes publics comme le NHS, ainsi que des lois, des politiques et des omissions qui ont rendu ces pratiques possibles [6].

La commission avait demandé des excuses officielles, selon l'AP et Euronews [1] [2]. En mars 2023, le gouvernement conservateur a refusé, estimant que l'État n'avait pas activement soutenu ces pratiques [1] [11]. La même année, les gouvernements autonomes d'Écosse et du pays de Galles ont présenté leurs propres excuses [1] [2].

Le changement est venu du gouvernement de Keir Starmer. En juin 2026, Bridget Phillipson a annoncé que le gouvernement s'excuserait auprès des victimes en Angleterre [11]. Le Royaume-Uni rejoint ainsi d'autres pays : l'Australie, dont la Première ministre Julia Gillard a présenté des excuses nationales en 2013, et l'Irlande, où le Premier ministre Micheál Martin s'est excusé après une enquête de 2021 sur 18 foyers pour mères et bébés, où 9 000 enfants étaient morts au XXe siècle [1].

Que disent les victimes, les élus et les associations ?

Les personnes concernées ont salué un geste longtemps attendu, tout en le jugeant insuffisant à lui seul. Ann Keen, ancienne ministre de la Santé, dont le bébé a été adopté en 1966 alors qu'elle avait 17 ans, y voit une manière d'être libérée de sa honte, et rappelle que les mères n'ont pas abandonné leur enfant [1]. L'association Adult Adoptee Movement estime que le gouvernement sera jugé sur la suite ; le Movement for an Adoption Apology parle d'excuses trop tardives pour beaucoup, mais d'un pas positif [8].

Plusieurs députés ont témoigné de leur propre histoire. Tracy Gilbert, travailliste d'Édimbourg, née en 1972 et adoptée, a raconté que sa mère de naissance avait séjourné dans un foyer de l'Église d'Écosse [8] [9]. Elle a demandé si l'État ne devrait pas aider les mères à garder leur enfant [9]. Sarah Pochin, du parti Reform, a appris après la mort de sa mère qu'elle avait un frère adopté à la naissance, qu'elle a depuis retrouvé [8].

D'autres élus réclament davantage. Le conservateur Julian Smith, qui a travaillé sur la réparation des victimes d'abus en institution en Irlande du Nord, a demandé au Premier ministre de rester personnellement engagé, estimant que les victimes méritent mieux que des réponses juridiques prudentes [10]. Helen Hayes, présidente de la commission de l'éducation des Communes, a jugé que ces excuses auraient dû venir des années plus tôt et promis de suivre l'application des mesures [8].

La principale critique porte sur l'absence d'indemnisation, relevée par le Morning Star [8]. Le gouvernement, de son côté, met en avant le soutien psychologique : Keir Starmer a évoqué des parcours de santé mentale adaptés et tenant compte des traumatismes [9].

Qu'est-ce que cela change, et quelle est la suite ?

Les excuses ne modifient aucune loi, mais elles changent la position officielle de l'État : celui-ci ne nie plus sa responsabilité, comme il le faisait en 2023 [1] [11]. Elles rejoignent la lecture du rapport parlementaire de 2022, qui imputait à l'État les actes de ses agents et les politiques ayant permis ces séparations [6].

Pour les personnes concernées, l'effet concret passera par les dossiers et les retrouvailles. La conservation des archives, la plateforme d'accès et les intermédiaires financés doivent permettre à des mères et à des enfants adoptés, aujourd'hui âgés, de reconstituer leur histoire [3]. Le groupe de référence et l'évaluation prévue serviront à mesurer les progrès [3].

Plusieurs questions restent ouvertes. Aucune indemnisation n'est prévue, et la déclaration écrite porte sur l'Angleterre, l'Écosse et le pays de Galles ayant suivi leur propre voie [1] [3]. Le Premier ministre a promis de rester impliqué [10]. Les associations et la commission de l'éducation annoncent qu'elles jugeront le gouvernement sur l'application de ces engagements [8].

Cette histoire éclaire aussi le poids de la naissance hors mariage dans l'Europe d'après-guerre. En France, les naissances hors mariage sont devenues majoritaires, comme le montre l'article du site sur les naissances hors mariage. Les droits des couples non mariés font aujourd'hui l'objet d'un autre débat outre-Manche, présenté dans l'article sur les couples non mariés en Angleterre et au pays de Galles.

Questions fréquentes

Combien d'enfants ont été concernés par les adoptions forcées au Royaume-Uni ?

Environ 185 000 enfants de mères non mariées ont été adoptés en Angleterre et au pays de Galles entre 1949 et 1976 [6]. Ce chiffre est une estimation de la commission mixte des droits de l'homme du Parlement, qui précise qu'un chiffre exact est difficile à établir.

Qui a présenté les excuses de l'État britannique ?

Le Premier ministre Keir Starmer, le 2 juillet 2026, devant la Chambre des communes [1]. Le même jour, la ministre de l'Éducation, Bridget Phillipson, a publié une déclaration écrite détaillant les mesures [3].

L'Église d'Angleterre s'est-elle excusée ?

Oui. Le 18 juin 2026, l'archevêque de Canterbury, Sarah Mullally, a présenté les excuses de l'Église pour son rôle dans les foyers pour mères et bébés qui lui étaient rattachés [4]. Elle a publié en même temps une étude sur ces foyers entre 1949 et 1976 [5].

Les victimes des adoptions forcées seront-elles indemnisées ?

Non, pas à ce stade. Le gouvernement a annoncé 4 millions de livres sur trois ans pour l'accès aux dossiers, la recherche des proches et le soutien, mais aucun dispositif d'indemnisation [3] [8]. C'est la principale critique des associations.

Pourquoi les mères non mariées étaient-elles poussées à faire adopter leur enfant ?

À cause de la honte attachée à la grossesse hors mariage et du manque de soutien. Selon le rapport parlementaire de 2022, les pressions sociales et familiales ont conduit à séparer de nombreux enfants de leur mère, souvent dans des foyers pour mères et bébés [6].

L'Écosse et le pays de Galles se sont-ils déjà excusés ?

Oui. Les gouvernements autonomes d'Écosse et du pays de Galles ont présenté leurs excuses en 2023, alors que le gouvernement britannique de l'époque refusait de le faire [1] [2].

D'autres pays ont-ils présenté des excuses pour des adoptions forcées ?

Oui. L'Australie a présenté des excuses nationales en 2013, par la voix de la Première ministre Julia Gillard [1]. En Irlande, le Premier ministre Micheál Martin s'est excusé après une enquête de 2021 sur les foyers pour mères et bébés [1].

Sources

  1. nbcwashington.com — https://www.nbcwashington.com/news/national-international/uk-apologizes-unwed-mothers-baby-adoption/4124891/?amp=1
  2. fr.euronews.com — https://fr.euronews.com/my-europe/2026/07/02/keir-starmer-presente-des-excuses-officielles-pour-des-decennies-dadoptions-forcees-au-roy
  3. parallelparliament.co.uk — https://parallelparliament.co.uk/debate/2026-07-02/commons/written-statements/historical-forced-adoption/ministerial-extracts
  4. archbishopofcanterbury.org — https://www.archbishopofcanterbury.org/news/apology-church-englands-role-historical-adoption-practices
  5. wtop.com — https://wtop.com/parenting/2026/06/church-of-england-apologizes-for-role-in-forced-adoptions-as-recent-as-the-mid-1970s/
  6. publications.parliament.uk — https://publications.parliament.uk/pa/jt5803/jtselect/jtrights/270/summary.html
  7. api.parliament.uk — https://api.parliament.uk/committees/publications/23076
  8. morningstaronline.co.uk — https://morningstaronline.co.uk/node/250989
  9. parallelparliament.co.uk — https://www.parallelparliament.co.uk/mp/tracy-gilbert/debate/2026-07-02/commons/commons-chamber/historical-forced-adoption
  10. juliansmith.org.uk — https://www.juliansmith.org.uk/news/julian-smith-mp-raises-historic-forced-adoption-redress-prime-minister-following-government
  11. en.wikipedia.org — https://en.wikipedia.org/wiki/Forced_adoption_in_the_United_Kingdom

Article vérifié le 23 octobre 2026. Information générale, ce n'est pas un conseil juridique ni religieux. Une erreur ? Signalez-la.

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