Mariage religieux en France : combien de couples passent encore par l'église ?

Combien de couples se marient encore à l'église en France ?
Environ un couple marié sur six passe encore par l'Église catholique. Selon les tableaux statistiques du Saint-Siège, 40 678 mariages catholiques ont été célébrés en France en 2024, contre 122 580 en 2000 et 217 479 en 1980, alors que l'Insee a compté 248 174 mariages civils en 2024. Aucune série nationale n'est disponible pour les autres cultes.
Sommaire
- Combien de mariages catholiques sont célébrés chaque année ?
- Quelle part des mariages civils est suivie d'une cérémonie religieuse ?
- Pourquoi le mariage civil doit-il précéder le mariage religieux ?
- Que sait-on des mariages protestants, juifs et musulmans ?
- Le recul du mariage religieux suit-il celui de la pratique ?
- Le mariage à l'église connaît-il un regain ?
- Quelles sont les limites de ces chiffres ?
- Questions fréquentes
- Sources
Combien de mariages catholiques sont célébrés chaque année ?
Un peu plus de 40 000 : les tableaux de la salle de presse du Saint-Siège, publiés le 18 septembre 2026 pour le voyage de Léon XIV en France, recensent 40 678 mariages catholiques en France en 2024 [12]. Le site Infovaticana les a repris le 20 septembre [1]. Euronews, qui s'appuie sur l'AFP, donne le même ordre de grandeur pour 2023, avec environ 40 000 mariages religieux, contre 122 000 au début du siècle [2].
La baisse est continue depuis quarante ans. La série du Saint-Siège passe de 217 479 mariages catholiques en 1980 à 147 146 en 1990, 122 580 en 2000 et 75 635 en 2010, avant de tomber à 36 916 en 2020 [12]. Ces chiffres viennent de l'Office central de statistique de l'Église, qui les tire de plusieurs éditions de son Annuaire statistique [12]. Entre 1980 et 2024, le recul atteint 81,3 % [1].
Ces chiffres sont collectés par l'Église elle-même. En France, le service Veille et Documentation de la Conférence des évêques de France les rassemble à partir de questionnaires statistiques adressés aux diocèses et des données publiées par le Vatican [3]. Ils paraissent avec un décalage d'environ un an : en juin 2026, la Conférence annonçait la mise en ligne prochaine des données de 2025 [3]. Elle les diffuse sur une page consacrée aux sacrements en France, sous forme de graphiques actualisés en juin 2026, qui distinguent mariages, baptêmes et confirmations et citent comme sources les enquêtes statistiques du Vatican et ses propres relevés [11].
Mariages catholiques et mariages civils en France, 1980-2024
| Année | Mariages catholiques (Saint-Siège) | Mariages civils (Insee) | Rapport approximatif |
|---|---|---|---|
| 1980 | 217 479 | 334 400 (métropole) | 65 % |
| 1990 | 147 146 | 287 100 (métropole) | 51 % |
| 2000 | 122 580 | 305 200 | 40 % |
| 2010 | 75 635 | 251 700 | 30 % |
| 2020 | 36 916 | 154 581 | 24 % |
| 2024 | 40 678 | 248 174 | 16 % |
Quelle part des mariages civils est suivie d'une cérémonie religieuse ?
Environ 16 % en 2024, selon un calcul rapportant les mariages catholiques du Saint-Siège aux mariages civils de l'Insee : 40 678 cérémonies à l'église pour 248 174 mariages en mairie [1][5]. La proportion était d'environ 30 % en 2010, avec 75 635 mariages catholiques pour 251 700 mariages civils [1][4].
En remontant plus loin, le mariage à l'église était majoritaire. En 1980, la France métropolitaine comptait 334 400 mariages civils, pour 217 479 mariages catholiques, soit près de deux sur trois [1][4]. En 1990, le rapport tombait à environ un sur deux, avec 147 146 mariages catholiques pour 287 100 mariages civils en métropole [1][4].
La baisse du mariage religieux est donc plus rapide que celle du mariage civil. Entre 2000 et 2024, le nombre de mariages en mairie a reculé d'environ 19 %, de 305 200 à 248 174, alors que celui des mariages catholiques a été divisé par trois [1][4][5]. Le mariage civil s'est stabilisé autour de 250 000 unions par an, comme le détaille l'article le mariage est-il encore la norme en France ?.
Ce rapport reste une approximation. Les deux séries ne couvrent pas exactement le même territoire, et une cérémonie religieuse peut avoir lieu une autre année que le mariage civil. Il donne cependant un ordre de grandeur fiable de l'évolution.
Pourquoi le mariage civil doit-il précéder le mariage religieux ?
Parce que la loi l'impose : en France, il est interdit de célébrer un mariage religieux avant le mariage civil [6]. Celui-ci est célébré par le maire ou un adjoint, à la mairie, après la publication des bans pendant dix jours [6]. Les futurs époux doivent être majeurs, consentir librement et ne pas être déjà mariés [6].
L'interdiction est assortie d'une sanction pénale qui vise le ministre du culte, dont l'origine et l'application sont détaillées dans notre article sur le mariage religieux avant le mariage civil. L'article 433-21 du Code pénal punit d'un an d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende le ministre d'un culte qui procède, de manière habituelle, à des cérémonies religieuses de mariage sans que lui ait été justifié l'acte de mariage civil [7]. Cette version du texte est en vigueur depuis le 26 août 2021 [7].
La règle s'applique à toutes les religions. Son lien avec le principe de laïcité est présenté dans l'article sur la laïcité et les morales religieuses. Les effets juridiques propres à chaque statut sont décrits dans l'article sur mariage, PACS et concubinage en droit français.
Que sait-on des mariages protestants, juifs et musulmans ?
Très peu : aucune série statistique nationale n'a été trouvée pour les mariages religieux des autres cultes. La statistique publique ne recense que les mariages civils, célébrés en mairie [4][6]. Aucun décompte national comparable à celui de l'Église catholique n'a été trouvé pour les Églises protestantes, les communautés juives ou les mosquées.
La taille de ces communautés donne un repère. Selon l'enquête Trajectoires et Origines menée par l'Insee et l'Ined en 2019-2020 auprès d'environ 27 200 personnes, 29 % des 18-59 ans se déclarent catholiques, 10 % musulmans, 9 % membres d'une autre confession chrétienne et moins de 0,5 % juifs, tandis que 51 % se disent sans religion [8].
La pratique varie beaucoup d'une confession à l'autre. Parmi les personnes qui déclarent une religion, 34 % des juifs, 22 % des autres chrétiens, 20 % des musulmans et 8 % des catholiques fréquentent un lieu de culte au moins une fois par mois [8]. Pour 76 % des musulmans, la religion est très ou assez importante dans leur vie, contre 27 % des catholiques [8].
La prière hebdomadaire concerne 58 % des musulmans, 41 % des juifs, 31 % des autres chrétiens et 15 % des catholiques [8]. Aucune donnée ne permet toutefois de relier ces niveaux de pratique au nombre de mariages religieux célébrés dans chaque confession.
Les règles religieuses du mariage évoluent aussi. En mai 2015, l'Église protestante unie de France, principale Église protestante du pays, a autorisé ses pasteurs à célébrer une bénédiction pour les couples de même sexe mariés, une décision critiquée par le Conseil national des évangéliques de France [10]. Les positions des différentes confessions chrétiennes sur la sexualité hors mariage sont présentées dans l'article sur les protestants, évangéliques et orthodoxes.
Le recul du mariage religieux suit-il celui de la pratique ?
Oui, dans les grandes lignes. Entre 2008-2009 et 2019-2020, la part des 18-49 ans se déclarant catholiques est passée de 43 % à 25 %, et celle des personnes sans religion de 45 % à 53 %, selon l'enquête Trajectoires et Origines [8]. Sur une période voisine, le nombre de mariages catholiques a été divisé par deux, de 75 635 en 2010 à 36 916 en 2020 [1].
Les sondages d'opinion confirment ce tableau. Selon une enquête Ifop réalisée en ligne du 13 au 19 février 2025 auprès de 2 002 personnes, 46 % des Français se déclarent catholiques, et 26 % assistent à la messe au moins quelques fois par an [9]. La part des Français baptisés catholiques est passée de 92 % en 1961 à 76 % en 2025, et à 42 % chez les 18-24 ans [9].
Le même sondage relève que 41 % des personnes interrogées croient en Dieu [9]. Euronews rappelle de son côté que 85 % des Français se disaient catholiques au début des années 1960, et que 5 % déclarent aujourd'hui aller à la messe chaque dimanche [2].
Le baptême suit la même pente que le mariage. La série du Saint-Siège compte 401 054 baptêmes en France en 2000 et 186 165 en 2024, soit une baisse de plus de moitié [1]. Euronews, citant une étude de l'Ifop pour l'Observatoire français du catholicisme, évalue à environ 150 000 les baptêmes de jeunes enfants en 2024, contre 380 000 en 2000 [2].
Le mariage à l'église connaît-il un regain ?
Un léger rebond, sans retour aux niveaux passés. Le nombre de mariages catholiques est remonté de 36 916 en 2020, année marquée par la crise sanitaire, à 40 678 en 2024, soit une hausse d'environ 10 % [1]. Les mariages civils ont connu le même rattrapage, de 154 581 en 2020 à 248 174 en 2024 [5].
Les baptêmes d'adultes progressent plus nettement. Selon la Conférence des évêques de France, citée par Euronews, 13 234 adultes ont été baptisés à Pâques 2026, 28 % de plus qu'en 2025, contre un peu plus de 4 100 en 2016 [2]. Les baptêmes d'adolescents de 11 à 17 ans ont atteint 8 152, en hausse de 10 % [2]. Pour les jeunes enfants, en revanche, la tendance reste orientée à la baisse : selon Infovaticana, environ 13 % des enfants nés en France sont baptisés dans leurs premières années, contre près de six sur dix à la fin du XXe siècle [1].
La part des mariages religieux ne remonte pas pour autant. Avec 40 678 mariages catholiques en 2024, la proportion reste proche d'un mariage civil sur six, contre deux sur trois en 1980 [1][4][5].
Quelles sont les limites de ces chiffres ?
Les statistiques religieuses ne relèvent pas de la statistique publique. Elles reposent sur les déclarations des diocèses, compilées par la Conférence des évêques de France et par le Vatican, avec un an de décalage [3]. Le tableau du Saint-Siège, publié à l'occasion d'un voyage pontifical, rassemble des données tirées de plusieurs éditions de l'Annuaire statistique de l'Église [12].
Les comparaisons avec l'Insee demandent aussi de la prudence. Les mariages civils de 1980 et 1990 portent sur la France métropolitaine, ceux des années suivantes sur la France entière [4]. Les données de l'Insee pour 2025, estimées à 251 000 mariages, sont provisoires [5], et la Conférence des évêques annonçait en juin 2026 la publication prochaine de ses chiffres de 2025 [3].
Les enquêtes sur la pratique ne mesurent pas non plus les mariages. Un sondage en ligne par quotas, comme celui de l'Ifop en 2025, décrit des appartenances déclarées, et l'enquête Trajectoires et Origines ne couvre que les 18-59 ans de métropole [8][9]. Aucun de ces outils ne dit combien de couples musulmans, juifs ou protestants font bénir leur union.
Questions fréquentes
Combien de mariages à l'église sont célébrés en France chaque année ?
Environ 40 000. Les tableaux statistiques du Saint-Siège comptent 40 678 mariages catholiques en France en 2024 [12]. Euronews, citant l'AFP, retient environ 40 000 mariages religieux en 2023, contre 122 000 au début du siècle [2].
Quel pourcentage de couples se marie à l'église en France ?
Environ 16 % en 2024, soit un mariage civil sur six, selon un calcul fondé sur les chiffres du Saint-Siège et de l'Insee [1][5]. La proportion était d'environ 40 % en 2000 et de près de 65 % en 1980 [1][4].
Peut-on se marier à l'église sans passer par la mairie ?
Non. En France, il est interdit de célébrer un mariage religieux avant le mariage civil, qui est célébré par le maire ou un adjoint [6]. Le ministre du culte qui célèbre de manière habituelle de tels mariages sans acte de mariage civil commet une infraction [7].
Que risque un prêtre qui célèbre un mariage sans mariage civil ?
Un an d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende, selon l'article 433-21 du Code pénal, dans sa version en vigueur depuis le 26 août 2021 [7]. Le texte vise tout ministre d'un culte qui procède de manière habituelle à ces cérémonies sans avoir vu l'acte de mariage civil [7].
Les mariages religieux augmentent-ils de nouveau ?
Légèrement depuis 2020. Les mariages catholiques sont passés de 36 916 en 2020 à 40 678 en 2024, selon le Saint-Siège [1][12]. Ils restent très loin des 122 580 de l'an 2000 et des 217 479 de 1980 [1].
Combien de mariages musulmans ou juifs sont célébrés en France ?
Aucun chiffre national n'a été trouvé. La statistique publique ne compte que les mariages civils, et aucun décompte comparable à celui de l'Église catholique n'est disponible pour ces cultes [4][6]. En 2019-2020, 10 % des 18-59 ans se déclaraient musulmans et moins de 0,5 % juifs [8].
Sources
- infovaticana.com — https://infovaticana.com/fr/2026/09/20/leglise-catholique-et-lapres-concile-en-france-anatomie-dun-effondrement/
- fr.euronews.com — https://fr.euronews.com/2026/09/25/france-les-baptemes-en-hausse-malgre-le-recul-du-catholicisme
- eglise.catholique.fr — https://eglise.catholique.fr/guide-eglise-catholique-france/statistiques-de-leglise-catholique-france-monde/statistiques-eglise-catholique-france/
- insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/4277624/TEF2020_033.pdf
- insee.fr — https://insee.fr/fr/statistiques/2381498
- service-public.gouv.fr — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F930
- juritravail.com — https://www.juritravail.com/code/code-penal/article/433-21
- insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/6793308
- ifop.com — https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2025/06/presentation_etude_ofc-ifop.pdf
- evangelicalfocus.com — https://evangelicalfocus.com/europe/626/french-evangelicals-blessing-same-sex-unions-is-promoting-cheap-grace
- eglise.catholique.fr — https://eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/guide-de-leglise/statistiques-de-leglise-catholique-france-monde/statistiques-de-leglise-catholique-france/les-sacrements-en-france/
- press.vatican.va — https://press.vatican.va/content/salastampa/it/bollettino/pubblico/2026/09/18/0728/01367.html
Article vérifié le 23 octobre 2026. Information générale, ce n'est pas un conseil juridique ni religieux. Une erreur ? Signalez-la.


