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Et la joie de vivre : le livre de Gisèle Pelicot, du procès de Mazan aux librairies du monde

Par la rédaction de fornication.frPublié le Vérifié le Lecture : 10 min9 sources
Illustration : un médaillon avec un livre ouvert et l'année 2026, entouré de passants d'aujourd'hui
L'essentiel

Que raconte Et la joie de vivre, le livre de Gisèle Pelicot paru en février 2026 ?

Le 17 février 2026, Gisèle Pelicot a publié chez Flammarion Et la joie de vivre, écrit avec la journaliste Judith Perrignon et traduit dans une vingtaine de langues. Ce récit de sa vie, de son mariage et du procès de Mazan s'est vendu à 63 574 exemplaires en France la première semaine, en tête des ventes. [1] [6]

Sommaire
  1. Que s'est-il passé le 17 février 2026 ?
  2. Que raconte Et la joie de vivre ?
  3. Quel est le contexte de l'affaire de Mazan ?
  4. Comment le livre a-t-il été lancé et reçu ?
  5. Que disent les différents acteurs ?
  6. Qu'est-ce que ce livre change dans le débat sur le couple et le consentement ?
  7. Et ensuite ?
  8. Questions fréquentes
  9. Sources

Que s'est-il passé le 17 février 2026 ?

Le mardi 17 février 2026, Et la joie de vivre est sorti en librairie le même jour dans plusieurs pays, selon une stratégie de sortie mondiale simultanée [1]. Le livre paraît chez Flammarion, maison du groupe Madrigall dirigée par Sophie de Closets [1]. Il a été écrit par Gisèle Pelicot avec Judith Perrignon, journaliste et romancière [1][3].

L'ouvrage compte environ 300 pages [1]. Livres Hebdo annonçait en septembre 2025 une traduction dans une vingtaine de langues et un premier tirage supérieur à 100 000 exemplaires [1]. Au moment de la sortie, le même magazine fait état de 22 langues et d'un premier tirage de 150 000 exemplaires [6]. L'édition anglaise, intitulée A Hymn to Life, est publiée par The Bodley Head, filiale de Penguin Random House, pour le Royaume-Uni et les États-Unis [1].

Le projet était connu depuis longtemps. Flammarion l'avait annoncé dès mars 2025, pour une parution prévue en janvier 2026, avant de fixer la date au 17 février [1]. Les droits étrangers ont été confiés à l'agente Susanna Lea [1].

Le succès a été immédiat. Dans la semaine du 16 au 22 février 2026, le livre s'est vendu à 63 574 exemplaires en France et s'est placé au premier rang du Top 20 NielsenIQ Book Data / Livres Hebdo [6]. Il a aussi pris la tête des ventes en Grande-Bretagne et en Allemagne, selon Livres Hebdo [6].

Repères chronologiques

  1. Septembre 2020Dominique Pelicot est interpellé dans un supermarché de Carpentras ; l'enquête mène à l'affaire dite de Mazan.
  2. 2 septembre 2024Ouverture du procès à Avignon ; Gisèle Pelicot refuse le huis clos et les audiences sont publiques.
  3. 19 décembre 2024Verdict : les 51 accusés sont condamnés, dont Dominique Pelicot à vingt ans de réclusion.
  4. Mars 2025Flammarion annonce un livre de Gisèle Pelicot, d'abord prévu pour janvier 2026.
  5. 10 février 2026Le Monde et France 24 publient des extraits du livre.
  6. 11 février 2026Première interview télévisée de Gisèle Pelicot, dans La Grande Librairie sur France 5.
  7. 17 février 2026Sortie mondiale simultanée d'Et la joie de vivre, écrit avec Judith Perrignon.
  8. 16-22 février 202663 574 exemplaires vendus en France : premier rang du classement NielsenIQ Book Data / Livres Hebdo.

Que raconte Et la joie de vivre ?

Et la joie de vivre est un récit à la première personne, dans lequel Gisèle Pelicot retrace sa vie avant, pendant et après l'affaire de Mazan [7]. Selon l'éditrice, l'autrice « a décidé de raconter son histoire avec ses propres mots », ce qu'elle n'avait jamais fait publiquement [1]. Le livre se veut aussi un message d'espoir pour les personnes qui traversent des épreuves [1][3].

Le récit commence bien avant les faits. Il évoque son enfance, ses habitudes, ses attachements, sa famille et ses trois enfants [5][7]. Il revient sur les moments heureux de son mariage, qui a duré cinquante ans [5].

Le livre raconte ensuite la découverte des faits et le choc qui a suivi. Pendant près de neuf ans, son mari l'a droguée à son insu pour la livrer, inconsciente, à des hommes recrutés sur Internet [4][7]. L'ouvrage décrit la sidération, la douleur et l'épuisement qui ont suivi [4].

Une large part est consacrée au procès : les premiers jours d'audience, les mois de débats, l'exposition médiatique et les soutiens reçus [4]. Gisèle Pelicot y explique aussi pourquoi elle a refusé le huis clos [4]. La dernière partie porte sur la reconstruction, réapprendre à habiter son corps et trouver des raisons de continuer [4].

L'autrice insiste sur le fait que son livre ne se réduit pas au drame. Elle le résume ainsi : « Ce livre n'est pas l'histoire d'une femme qui n'a connu que de la douleur » [5]. Elle dit aussi avoir rangé le procès et ses suites dans un tiroir qu'elle ne compte pas rouvrir, et n'avoir jamais eu l'intention d'écrire un livre avant de se convaincre qu'il pourrait être utile [5].

Quel est le contexte de l'affaire de Mazan ?

L'affaire de Mazan est une affaire de viols en série dont le procès a eu un écho international [8]. Elle commence en septembre 2020, quand un agent de sécurité d'un supermarché de Carpentras surprend Dominique Pelicot en train de filmer sous les jupes de clientes ; il est interpellé par la police [8]. L'enquête révèle ensuite les faits commis contre son épouse pendant près de neuf ans [7][8].

Le procès s'ouvre le 2 septembre 2024 à Avignon [8]. Gisèle Pelicot s'oppose au huis clos, et la cour choisit finalement des audiences publiques [8]. Son avocat résume alors l'enjeu d'une formule : « il faut que la honte change de camp » [8].

Le verdict est rendu le 19 décembre 2024. Quarante-six hommes sont condamnés pour viols aggravés, deux pour tentative de viol et deux pour agression sexuelle ; Dominique Pelicot, le principal accusé, est condamné à vingt ans de réclusion [2]. Il n'a pas fait appel, et sa condamnation est définitive [8]. Un seul des coaccusés a maintenu son appel : le 9 octobre 2025, la cour d'assises du Gard, à Nîmes, l'a condamné à dix ans de réclusion, un an de plus qu'en première instance [9]. Il a renoncé à se pourvoir en cassation, ce qui a clos, selon la RTBF, le chapitre judiciaire de l'affaire pour Gisèle Pelicot [9].

Pendant et après le procès, Gisèle Pelicot est devenue une figure internationale. La BBC l'a placée en 2024 parmi ses 100 femmes de l'année [8]. Depuis le verdict, en revanche, elle ne s'était plus exprimée publiquement sur son affaire [3]. Le livre est donc sa première prise de parole longue.

Comment le livre a-t-il été lancé et reçu ?

Le livre a été lancé par une vaste campagne de presse, menée par Gisèle Pelicot et Judith Perrignon [6]. Le 10 février 2026, Le Monde et France 24 en ont publié des extraits ; Elle et Télérama ont consacré leur couverture à Gisèle Pelicot, celle de Télérama réunissant les deux autrices [2]. HuffPost, France Bleu et France Info ont aussi couvert la sortie [2].

Le mercredi 11 février, à 21 h 05 sur France 5, Gisèle Pelicot a donné sa première interview télévisée à Augustin Trapenard, dans La Grande Librairie [3]. L'émission, entièrement féminine, réunissait aussi l'historienne Michelle Perrot, les philosophes Camille Froidevaux-Metterie et Manon Garcia et l'anthropologue Dorothée Dussy [3]. Judith Perrignon était également sur le plateau [3]. Gisèle Pelicot était ensuite l'invitée de la matinale de France Inter le lundi 16 février [2].

Les ventes ont suivi. Livres Hebdo relève 63 574 exemplaires vendus en France la première semaine [6], et L'Éclaireur de la Fnac parle de plus de 60 000 exemplaires [7]. Le livre est entré dans les classements britannique et allemand [6][7].

La réception publique ne se mesure pas seulement en chiffres. L'Éclaireur de la Fnac évoque des milliers de lettres envoyées à Gisèle Pelicot par des femmes qui se sont reconnues dans son histoire [7]. Le même article présente le livre comme l'un des témoignages les plus marquants de l'année [7].

Que disent les différents acteurs ?

Les points de vue sur le livre diffèrent selon la place de chacun dans l'affaire et dans le débat public. Pour l'éditrice, le titre devait exprimer la force de vie du récit : Sophie de Closets l'a expliqué à France Info, selon L'Éclaireur de la Fnac [5]. L'Éclaireur de la Fnac y lit l'annonce d'une joie qui précède le drame et lui survit [5].

L'autrice présente sa démarche comme utile plutôt que personnelle. Elle dit avoir voulu donner de l'espoir à d'autres, et non revenir indéfiniment sur le procès [5]. L'éditeur parle de la même façon d'un message d'espoir adressé à tous ceux et toutes celles qui traversent des épreuves [3].

Des voix critiques se sont aussi exprimées. Sur Instagram, la maison d'édition La Meute et l'autrice Anna Margueritat ont dénoncé la façon dont la presse transformait Gisèle Pelicot en icône, présentée comme une femme qui aurait choisi la joie [2]. Elles ont rappelé que sa fille, Caroline Darian, « attend toujours que ce qu'elle a vécu soit reconnu » [2].

Caroline Darian avait publié son propre récit, Et j'ai cessé de t'appeler Papa, aux éditions Jean-Claude Lattès [8]. Son point de vue rappelle que l'affaire a touché toute une famille, et que plusieurs récits coexistent. Le livre de sa mère n'épuise donc pas la question.

Enfin, le livre s'inscrit dans une production éditoriale déjà abondante. Livres Hebdo recense Mazan : anthropologie d'un procès pour viol (Le Bruit du Monde, 2 octobre 2025), Mazan, la traversée du Styx de Marion Dubreuil (Éditions du Globe, 20 août 2025) et la bande dessinée Notre affaire (L'Iconoclaste, 28 août 2025) [2]. Un autre livre, Le procès, de Julie Emile Fabre, était annoncé chez Morgen pour le 4 mars 2026 [2].

Qu'est-ce que ce livre change dans le débat sur le couple et le consentement ?

Le livre déplace le débat de la salle d'audience vers la librairie, et du dossier pénal vers le récit d'un couple. L'affaire de Mazan porte sur des crimes commis au sein d'un mariage de cinquante ans, par un mari sur son épouse [5][7]. C'est ce qui en a fait, au-delà du fait divers, un cas d'école sur le consentement dans le couple.

Au moment du procès, le droit pénal français ne définissait pas le consentement [8]. Depuis, la loi du 6 novembre 2025 a redéfini le viol comme tout acte sexuel non consenti, comme l'explique notre article sur la loi de 2025 sur le consentement. Le Parlement a aussi examiné en 2026 une proposition de loi visant à mettre fin à la notion de « devoir conjugal », détaillée dans notre article sur le devoir conjugal devant le Sénat.

Le livre ne se présente pas comme un plaidoyer juridique. Il raconte une vie conjugale ordinaire en apparence, puis sa rupture, et la manière de continuer à vivre ensuite [4][5]. Il parle de mariage, de famille et de confiance autant que de justice. L'Éclaireur de la Fnac attribue surtout son audience au retentissement du procès de 2024 et au fait que Gisèle Pelicot prenait la parole pour la première fois [7].

Le nom même de Gisèle Pelicot est entré dans la langue de référence. Les dictionnaires Le Robert 2027 l'accueillent parmi les noms propres, comme le relève notre article sur les nouveaux mots des dictionnaires 2027.

Et ensuite ?

Le livre poursuit sa carrière internationale, avec des éditions dans 22 langues [6]. Ses premiers classements au Royaume-Uni et en Allemagne indiquent que l'affaire reste suivie bien au-delà de la France [6][7]. La suite dépendra des parutions dans les autres pays, dont le calendrier n'a pas été détaillé par les sources consultées.

En France, le témoignage s'ajoute à une bibliothèque déjà fournie sur l'affaire, entre enquête journalistique, anthropologie et bande dessinée [2]. Les critiques formulées au moment de la sortie, sur l'iconisation de Gisèle Pelicot et sur la reconnaissance due à sa fille, devraient continuer d'accompagner la lecture du livre [2].

Sur le terrain du droit, l'application de la nouvelle définition du viol par les tribunaux sera suivie de près. Le livre n'y change rien juridiquement, mais il a donné une voix et un récit à une affaire qui a pesé dans ce débat [4][8].

Questions fréquentes

Quand est sorti le livre de Gisèle Pelicot ?

Le livre de Gisèle Pelicot, Et la joie de vivre, est sorti le 17 février 2026 chez Flammarion. La sortie a été simultanée dans plusieurs pays. Flammarion l'avait d'abord annoncé pour janvier 2026.

Qui a écrit Et la joie de vivre avec Gisèle Pelicot ?

Gisèle Pelicot a écrit Et la joie de vivre avec Judith Perrignon, journaliste et romancière. Le livre a été édité par Sophie de Closets, présidente de Flammarion. Les deux femmes ont mené ensemble la campagne de presse de la sortie.

Combien d'exemplaires du livre de Gisèle Pelicot ont été vendus ?

Le livre s'est vendu à 63 574 exemplaires en France pendant sa première semaine, du 16 au 22 février 2026, selon NielsenIQ Book Data et Livres Hebdo. Il s'est classé premier des ventes. Le premier tirage annoncé était de 150 000 exemplaires.

Dans combien de langues le livre est-il traduit ?

Et la joie de vivre est publié dans 22 langues, selon Livres Hebdo. L'édition anglaise s'intitule A Hymn to Life et paraît chez The Bodley Head. Le livre est aussi arrivé en tête des ventes en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Que raconte Et la joie de vivre ?

Et la joie de vivre raconte la vie de Gisèle Pelicot : son enfance, ses cinquante ans de mariage, ses enfants, puis la découverte des faits et le procès de Mazan. Le livre décrit aussi sa reconstruction après le verdict. Elle insiste sur le fait que ce n'est pas seulement une histoire de douleur.

Pourquoi le livre s'appelle-t-il Et la joie de vivre ?

Le titre devait traduire la force de vie du récit, selon l'éditrice Sophie de Closets. Il annonce un livre qui commence avant le drame et se poursuit au-delà. Gisèle Pelicot dit avoir voulu transmettre un message d'espoir.

Le livre a-t-il été critiqué ?

Oui, surtout sa couverture médiatique. La maison d'édition La Meute et l'autrice Anna Margueritat ont dénoncé sur Instagram la transformation de Gisèle Pelicot en icône. Elles ont rappelé que sa fille, Caroline Darian, attend toujours la reconnaissance de ce qu'elle a vécu.

Quelle a été la première interview télévisée de Gisèle Pelicot ?

Gisèle Pelicot a donné sa première interview télévisée le 11 février 2026, dans La Grande Librairie sur France 5, face à Augustin Trapenard. L'émission réunissait aussi Michelle Perrot, Camille Froidevaux-Metterie, Manon Garcia et Dorothée Dussy. Elle ne s'était pas exprimée publiquement depuis le verdict de décembre 2024.

Sources

  1. livreshebdo.fr — https://www.livreshebdo.fr/article/les-memoires-de-gisele-pelicot-en-sortie-mondiale-le-17-fevrier-2026
  2. livreshebdo.fr — https://www.livreshebdo.fr/article/une-semaine-avant-sa-parution-le-livre-de-gisele-pelicot-fait-deja-evenement
  3. ozap.com — https://www.ozap.com/actu/gisele-pelicot-a-choisi-augustin-trapenard-et-la-grande-librairie-pour-sa-premiere-interview-televisee/653552
  4. leclaireur.fnac.com — https://leclaireur.fnac.com/article/653455-gisele-pelicot-de-quoi-parle-son-premier-livre/
  5. leclaireur.fnac.com — https://leclaireur.fnac.com/article/655743-gisele-pelicot-que-signifie-le-titre-de-son-livre-et-la-joie-de-vivre/
  6. livreshebdo.fr — https://www.livreshebdo.fr/article/les-meilleures-ventes-de-livres-du-16-au-22-fevrier-2026-gisele-pelicot-en-tete
  7. leclaireur.fnac.com — https://leclaireur.fnac.com/article/660472-pourquoi-le-livre-de-gisele-pelicot-rencontre-t-il-un-tel-succes/
  8. fr.wikipedia.org — https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_viols_de_Mazan
  9. rtbf.be — https://www.rtbf.be/article/fin-du-chapitre-judiciaire-pour-gisele-pelicot-l-accuse-accepte-sa-condamnation-11614174

Article vérifié le 23 octobre 2026. Information générale, ce n'est pas un conseil juridique ni religieux. Une erreur ? Signalez-la.

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