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Une bague de mariage romaine en or mise au jour à Vidin, en Bulgarie

Par la rédaction de fornication.frPublié le Vérifié le Lecture : 9 min8 sources
Couverture illustrée : une arche romaine sur une carte (Bulgarie), 2025
L'essentiel

Quelle bague de mariage romaine a été découverte en Bulgarie en 2025 ?

Le 4 décembre 2025, à Vidin, dans le nord-ouest de la Bulgarie, les archéologues qui fouillent l'antique Bononia ont mis au jour une bague romaine en or de 23,63 grammes. Son chaton ovale montre un couple marié. Datée de la fin du IIe ou du début du IIIe siècle, elle serait une bague de fidélité échangée entre jeunes mariés. [1] [2]

Sommaire
  1. Qu'a-t-on découvert à Vidin en décembre 2025 ?
  2. Que sait-on exactement de la bague ?
  3. Qu'était Bononia, la ville où elle a été trouvée ?
  4. Comment se mariait-on dans l'Empire romain ?
  5. Bague de fiançailles ou de mariage : que disent les sources ?
  6. Qu'est-ce que cette découverte change, et quelle est la suite ?
  7. Questions fréquentes
  8. Sources

Qu'a-t-on découvert à Vidin en décembre 2025 ?

La découverte a été faite le jeudi 4 décembre 2025, dernier jour de la campagne de fouilles sur le site de l'antique Bononia, à Vidin [1]. Le soir même, l'agence de presse publique bulgare BTA rapportait les explications de Zdravko Dimitrov, directeur scientifique des fouilles, qui s'est exprimé devant les journalistes [1].

L'objet est une bague en or dont la partie supérieure, un plateau ovale, représente un couple marié [1]. Elle a été trouvée à près de six mètres de profondeur, dans une couche correspondant à la fin du IIe et au début du IIIe siècle de notre ère [1] [2]. Selon le site spécialisé The History Blog, la trouvaille provient de la tour n° 10 de la forteresse, et les fouilles en étaient à leur onzième année consécutive [3].

L'information a ensuite circulé hors de Bulgarie. Le 8 décembre, The History Blog lui consacrait un article à partir de la dépêche de la BTA [3]. Le 12 décembre, le magazine américain People présentait l'objet comme une bague vieille d'environ 1 800 ans, en citant la même source [2].

La bague de Bononia en huit données

ÉlémentCe que disent les sources
LieuAntique Bononia, aujourd'hui Vidin (nord-ouest de la Bulgarie), sur le Danube
Date de la découverteJeudi 4 décembre 2025, dernier jour de la campagne de fouilles
ContexteÀ près de six mètres de profondeur, dans une couche des IIe-IIIe siècles ; tour n° 10 de la forteresse selon The History Blog
Matière et poidsOr, 23,63 grammes selon l'agence BTA et People (26,63 selon The History Blog)
DécorChaton ovale montrant un couple marié, soudé à un anneau orné de cannelures parallèles
DatationSeconde moitié du IIe siècle ou début du IIIe siècle de notre ère
Fabrication probableAtelier d'orfèvre local, sans doute à Ratiaria (village actuel d'Archar)
InterprétationBague de fidélité conjugale, probablement échangée entre jeunes mariés, selon le directeur des fouilles

Les étapes du mariage romain, de la promesse au divorce

  1. Sponsalia : promesse de mariage futur ; sous l'Empire, l'homme passe un anneau au doigt de sa fiancée
  2. Consentement des époux, et de leur père s'ils sont encore sous sa puissance
  3. Noces : voile jaune de la mariée (flammeum), matrones mariées une seule fois pour la conduire
  4. Vie commune, avec ou sans passage de l'épouse sous la puissance (manus) du mari
  5. Divortium : fin de l'union par simple volonté, sans juge ni autorité publique

Que sait-on exactement de la bague ?

La bague pèse 23,63 grammes d'or selon la BTA, chiffre repris par People [1] [2]. The History Blog indique 26,63 grammes : les deux valeurs ne diffèrent que d'un chiffre, et c'est celle de l'agence, source première, qui est retenue ici [3]. Le chaton ovale, qui porte l'image du couple, est soudé à l'anneau. De part et d'autre, des cannelures parallèles en relief décorent la monture [1] [2].

La datation proposée va de la seconde moitié du IIe siècle au début du IIIe siècle [1]. People en déduit un âge d'environ 1 800 ans [2]. Les comptes rendus publiés ne signalent aucune inscription sur la bague et ne disent pas qui la portait, homme ou femme [1] [2] [3].

L'objet aurait été fabriqué sur place. Zdravko Dimitrov l'attribue le plus probablement aux ateliers d'orfèvres réputés de Ratiaria [1]. Cette cité romaine voisine correspond aujourd'hui au village d'Archar [2] [3]. Au moment de l'annonce, la bague faisait l'objet de travaux de conservation [1].

Qu'était Bononia, la ville où elle a été trouvée ?

Bononia est née comme un fort militaire au Ier siècle de notre ère [2]. Sa position sur le Danube en a fait ensuite un centre de défense et de commerce, à proximité de la frontière de l'Empire [2]. Ses vestiges se trouvent à Vidin, où les fouilles se poursuivent chaque année depuis plus d'une décennie [3].

La municipalité entend poursuivre cet effort. Selon la BTA, l'adjoint au maire Martin Donchev a indiqué que le financement continuerait pour l'antique Bononia et pour les fossés de la forteresse de Baba Vida, également située à Vidin [1]. À l'issue de la campagne, le site était préparé pour l'hiver [1].

Pour People, la bague montre que cette ville de la périphérie de l'Empire suivait des traditions nuptiales proches de celles des grandes cités romaines [2]. L'image du couple sur un bijou d'or, fabriqué dans un atelier régional, suggère en effet que les codes du mariage romain avaient cours jusque sur le Danube.

Comment se mariait-on dans l'Empire romain ?

Le mariage romain reposait sur le consentement. Le dictionnaire d'antiquités de William Smith, référence classique, le résume ainsi : l'union charnelle ne fait pas le mariage, c'est le consentement qui le fait [4]. Le mariage conforme au droit s'appelait iustae nuptiae, et la capacité juridique de se marier, le conubium, n'existait en principe qu'entre citoyens [4]. Les personnes encore placées sous la puissance d'un père avaient besoin de son accord [4].

Avant le mariage venaient les fiançailles, ou sponsalia, définies par le juriste Florentinus comme la promesse d'un mariage futur [4]. Le juriste Servius y voyait un véritable contrat, conclu par stipulation, qui ouvrait à chaque partie une action en justice [4]. On pouvait être fiancé dès sept ans, et Auguste limita la durée des fiançailles à deux ans, règle qui ne fut pas toujours respectée [4]. C'est à ce stade qu'apparaît l'anneau : sous l'Empire, l'homme passait une bague au doigt de sa fiancée en gage de fidélité, probablement à la main gauche, sur le doigt voisin de l'auriculaire [4].

Aucune forme n'était obligatoire pour se marier ; la vie commune dans une intention conjugale en était la meilleure preuve [4]. Il existait pourtant des rites anciens. La confarreatio, cérémonie religieuse devant dix témoins réservée aux patriciens et aux familles sacerdotales, était devenue rare sous Tibère [4]. Par la coemptio ou par l'usage prolongé d'une année, l'épouse passait sous la puissance, ou manus, de son mari ; le mariage sans manus devint ensuite la règle [4].

Les noces elles-mêmes avaient leurs usages. La mariée portait un voile d'un jaune vif, le flammeum, et des matrones mariées une seule fois, les pronubae, la conduisaient jusqu'au lit nuptial [4]. Des torches, l'eau et le feu, la remise des clés de la maison et un repas de noces complétaient la fête [4].

À côté du mariage existait une union stable mais distincte, le concubinat. Depuis les lois d'Auguste, il désignait la vie commune durable d'un homme et d'une femme non mariés, à la différence de l'adultère, du stuprum et de l'inceste, qui étaient des infractions [8]. Les enfants nés de cette union n'étaient pas placés sous la puissance de leur père et suivaient la condition de leur mère [8]. Des empereurs veufs ayant déjà des enfants, comme Vespasien, Antonin le Pieux ou Marc Aurèle, vécurent ainsi avec une concubine [8]. Le veuvage avait lui aussi ses règles : une veuve devait attendre un an avant de se remarier, sous peine d'infamie [4].

Bague de fiançailles ou de mariage : que disent les sources ?

L'interprétation proposée à Vidin est claire. Pour Zdravko Dimitrov, la bague est un anneau de fidélité conjugale, probablement échangé entre jeunes mariés dans l'Empire romain [1]. The History Blog rattache l'image du couple au type des bagues de fidélité conjugale offertes aux nouveaux époux [3], et People rapporte la même lecture [2].

La documentation classique invite à une nuance. Le dictionnaire de Smith décrit l'anneau remis lors des fiançailles, mais il ne mentionne pas d'anneau propre à la cérémonie de mariage [4]. La bague de Bononia pourrait donc marquer la promesse plutôt que les noces, sans que les informations publiées permettent de trancher. Dans les deux cas, elle exprime le même engagement de fidélité.

L'idéal qu'elle représente se retrouve ailleurs. À Pompéi, un graffito célèbre, réétudié en janvier 2026, souhaite à une esclave nommée Methe et à l'homme qu'elle aime, Chrestus, la faveur de Vénus et une vie toujours en harmonie [7]. L'image d'un couple uni, sur une bague ou sur un mur, renvoie à cette valeur d'entente durable entre époux.

Cette fidélité avait aussi une traduction juridique. Vers 17 avant notre ère, la lex Iulia de adulteriis d'Auguste fit de l'adultère un crime public : la femme condamnée perdait la moitié de sa dot et le tiers de ses biens, et elle était reléguée dans une île, comme son complice [6]. Le père pouvait, dans certains cas, tuer l'amant et sa fille, et le mari qui gardait son épouse en connaissance de cause se rendait coupable de lenocinium [6]. Le site détaille ces règles dans son article sur le stuprum et l'adultère en droit romain.

Le lien conjugal restait pourtant fragile. Né du consentement, le mariage pouvait se dissoudre par la volonté contraire, sans décision de justice ni intervention d'une autorité publique [5]. La tradition plaçait le premier divorce romain vers 234 avant notre ère, quand Spurius Carvilius Ruga renvoya son épouse pour stérilité [5]. À la fin de la République et sous l'Empire, les divorces devinrent très fréquents [5]. La lex Iulia exigea toutefois, pour un divorce, sept témoins citoyens romains pubères [5]. Sous Justinien, au VIe siècle, le divorce fut limité à certains motifs, et le divorce par consentement mutuel réservé aux époux qui voulaient vivre dans la chasteté [5].

Qu'est-ce que cette découverte change, et quelle est la suite ?

La bague de Vidin n'est pas un objet unique en son genre, puisqu'elle se rattache à un type connu de bagues de fidélité conjugale [3]. Elle apporte pourtant un jalon daté et localisé. Elle a été trouvée en fouille, à une profondeur et dans une couche connues, ce qui permet de la dater [1] [3]. Pour l'histoire du mariage dans les provinces danubiennes, elle montre qu'un symbole du couple circulait, fabriqué dans un atelier régional [1] [2].

Elle rappelle aussi la place du bijou dans la vie conjugale romaine, à une époque où le droit n'imposait aucune cérémonie [4]. Des objets comme celui-ci comptent ainsi parmi les rares traces matérielles d'un engagement entre deux personnes. Le site consacre par ailleurs un article à l'histoire de l'adultère et de sa dépénalisation en Europe.

Plusieurs questions restent ouvertes. Les sources publiées ne précisent ni le musée qui conservera la bague, ni la date d'une éventuelle exposition au public, ni une publication scientifique de la découverte [1] [2] [3]. La conservation de l'objet était en cours au moment de l'annonce, et le financement des fouilles a été confirmé par la ville [1]. Une nouvelle campagne pourrait éclairer le contexte exact de la trouvaille dans la tour de la forteresse.

Questions fréquentes

Où la bague de mariage romaine a-t-elle été découverte ?

À Vidin, dans le nord-ouest de la Bulgarie, sur le site de l'antique Bononia, au bord du Danube [1] [2]. Elle a été trouvée le 4 décembre 2025, dernier jour de la campagne de fouilles, à près de six mètres de profondeur.

De quand date la bague de Vidin ?

De la seconde moitié du IIe siècle ou du début du IIIe siècle de notre ère, selon le directeur des fouilles, Zdravko Dimitrov [1]. Elle a donc environ 1 800 ans [2].

Les Romains portaient-ils une alliance ?

Oui, sous une forme proche. Sous l'Empire, l'homme passait un anneau au doigt de sa fiancée lors des fiançailles, en gage de fidélité [4]. Des bagues ornées d'un couple, comme celle de Vidin, sont interprétées comme des bagues de fidélité conjugale [1] [3].

À quel doigt les Romains portaient-ils l'anneau de fiançailles ?

Probablement à la main gauche, sur le doigt voisin de l'auriculaire, d'après le dictionnaire d'antiquités de William Smith [4].

Fallait-il une cérémonie pour se marier à Rome ?

Non. Le mariage romain reposait sur le consentement, et aucune forme n'était obligatoire ; la vie commune dans une intention conjugale en était la meilleure preuve [4]. Les noces étaient pourtant l'occasion de rites, comme le voile jaune de la mariée.

Le divorce existait-il dans la Rome antique ?

Oui. Le mariage pouvait être dissous par la volonté d'un époux, sans juge ni autorité publique [5]. Les divorces devinrent très fréquents à la fin de la République et sous l'Empire.

Où peut-on voir la bague de Vidin ?

Ce n'est pas encore précisé. Au moment de l'annonce, la bague était en cours de conservation, et les sources publiées ne nomment pas le musée qui la conservera [1] [2]. Le site de l'antique Bononia se trouve à Vidin.

Sources

  1. bta.bg — https://www.bta.bg/en/news/culture/1021645-archaeologists-in-vidin-find-gold-ring-from-2nd-or-3rd-century-ad
  2. aol.com — https://www.aol.com/articles/archeologists-bulgaria-uncover-1-800-182203234.html
  3. thehistoryblog.com — https://www.thehistoryblog.com/archives/74853
  4. penelope.uchicago.edu — https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/secondary/SMIGRA*/Matrimonium.html
  5. penelope.uchicago.edu — https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/secondary/SMIGRA*/Divortium.html
  6. penelope.uchicago.edu — https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/secondary/SMIGRA*/Adulterium.html
  7. pompeiisites.org — https://pompeiisites.org/en/?p=67719
  8. penelope.uchicago.edu — https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/secondary/SMIGRA*/Concubina.html

Article vérifié le 23 octobre 2026. Information générale, ce n'est pas un conseil juridique ni religieux. Une erreur ? Signalez-la.

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