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Divorces en France : combien de mariages se terminent par un divorce ?

Par la rédaction de fornication.frVérifié le Lecture : 10 min12 sources
Illustration : un médaillon avec deux alliances, devant le Sacré-Cœur de Montmartre, entouré de passants d'aujourd'hui
L'essentiel

Combien de mariages se terminent par un divorce en France ?

La France a compté 106 200 divorces en 2021, dernière estimation complète du ministère de la Justice, contre un record de 155 300 en 2005. Selon l'Insee, 44 mariages sur 100 finiraient par un divorce si les comportements de 2014 se maintenaient. Depuis 2017, le divorce par consentement mutuel se règle le plus souvent chez un notaire, sans juge.

Sommaire
  1. Combien de divorces sont prononcés chaque année en France ?
  2. Combien de mariages se terminent par un divorce ?
  3. Qu'a changé le divorce sans juge de 2017 ?
  4. Quels sont les cas de divorce et lequel domine ?
  5. Après combien d'années de mariage, et à quel âge, divorce-t-on ?
  6. Combien de PACS sont dissous chaque année ?
  7. La France divorce-t-elle plus que ses voisins européens ?
  8. Questions fréquentes
  9. Sources

Combien de divorces sont prononcés chaque année en France ?

Un peu plus de 100 000 divorces par an : le service statistique du ministère de la Justice en a dénombré 106 200 en 2021, en additionnant les décisions des juges aux affaires familiales et les conventions enregistrées chez un notaire [1]. C'est environ un tiers de moins qu'en 2005, année record avec 155 300 divorces, et un niveau proche de celui de 1991, quand on en comptait 106 300 [1]. Ce chiffre de 2021 est la dernière estimation complète publiée.

La hausse a d'abord été longue. Entre 1950 et 1970, la France comptait en moyenne 33 000 divorces par an ; elle en enregistrait 108 400 en 1986 [4]. La loi de 1975, qui a rétabli le divorce par consentement mutuel, a accéléré un mouvement déjà engagé, et le pic de 2005 suit l'entrée en vigueur de la loi de 2004 qui avait simplifié les procédures [4]. Le nombre a ensuite reculé, à 133 900 en 2010 puis 123 500 en 2014 [4].

Selon l'Insee, ce reflux tient surtout à une moindre propension à divorcer. Entre 2010 et 2014, la population mariée n'a diminué que de 1 %, alors que le nombre de divorces baissait de 8 % [4]. La diminution du nombre de mariages, passés de 251 700 en 2010 à 232 725 en 2016, ne joue donc qu'à la marge [5][8].

Les divorces prononcés par un juge sont mieux suivis. Les juges aux affaires familiales en ont prononcé 61 695 en 2023, 5 % de moins qu'en 2022 [2], puis 58 726 en 2024, selon un rapport du Sénat d'avril 2026 [3]. Ces totaux excluent les divorces par consentement mutuel déposés chez un notaire, qui représentaient en 2021 un peu plus de quatre divorces sur dix [1].

Divorces en France, des années 1950 à 2024

AnnéeDivorcesChamp de la donnée
1950-197033 000 par an en moyenneTous divorces (Insee)
1986108 400Tous divorces (Insee)
2005155 300Tous divorces, record (Insee)
2010133 900Tous divorces (Insee)
2016128 000Tous divorces, dernière année avant la réforme (Insee)
201862 300Divorces prononcés par un juge seulement (Insee)
2021106 200Juges et conventions déposées chez un notaire, estimation (ministère de la Justice)
202361 695Divorces prononcés par un juge (ministère de la Justice)
202458 726Divorces prononcés par un juge (rapport du Sénat, 2026)

Combien de mariages se terminent par un divorce ?

Environ 44 mariages sur 100 finiraient par un divorce si les comportements observés en 2014 restaient les mêmes, selon l'Insee [4]. Ce chiffre est l'indicateur conjoncturel de divortialité : il additionne les taux de divorce observés une année donnée à chaque durée de mariage, comme si une promotion fictive de mariés les connaissait tout au long de son union [4]. C'est une photographie des comportements d'une année, et non la part réelle des couples qui divorceront.

Cet indicateur a fortement augmenté avant de se stabiliser. Il est passé de 12 divorces pour 100 mariages en 1970 à 38 en 1995, puis à un maximum de 52 en 2005, avant de redescendre à 46 en 2010 et à 44 en 2014 [4]. Aucune valeur plus récente n'a été trouvée : depuis 2017, l'Insee signale que les données complètes sur les divorces ne sont plus disponibles [6].

Les promotions réelles de mariés donnent une autre mesure, plus lente. Parmi les couples mariés en 1968, 26 % avaient divorcé au bout de quarante ans ; la proportion atteint 29 % pour les mariages de 1970 et 32 % pour ceux de 1974 [4]. Les unions plus récentes se rompent plus tôt : 10 % des mariages célébrés en 2000 et en 2005 étaient dissous après cinq ans, contre 8 % pour ceux de 1990 et de 1995 [4].

Deux autres taux circulent et ne doivent pas être confondus. Le taux brut de divorce rapporte les divorces de l'année à la population totale : 1,92 divorce pour 1 000 habitants en 2016 [5]. Le ministère de la Justice rapporte plutôt les divorces aux personnes mariées : 4,9 pour 1 000 mariés en 2021, contre 5,6 en 2005, avec des écarts allant de 3,3 dans le Cantal à 6,7 en Guyane [1].

Qu'a changé le divorce sans juge de 2017 ?

Depuis le 1er janvier 2017, le divorce par consentement mutuel ne passe plus, sauf exception, devant un juge [5][11]. Il prend la forme d'une convention rédigée par les avocats des deux époux, chacun ayant le sien, puis déposée au rang des minutes d'un notaire, ce qui lui donne date certaine et force exécutoire [11]. La réforme vient de la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016, dite de modernisation de la justice du XXIe siècle [5].

La procédure comporte des garde-fous. Les époux disposent d'un délai de réflexion de quinze jours avant de signer, et le dépôt chez le notaire coûte 50 euros [11]. Le notaire vérifie la présence des mentions obligatoires et le respect du délai, mais pas l'équilibre de l'accord, qui relève des avocats [11]. Si un enfant mineur capable de discernement demande à être entendu par un juge, la procédure redevient judiciaire [11].

L'effet sur les tribunaux a été immédiat. Les juges ont prononcé 71 933 divorces par consentement mutuel en 2016, encore 33 457 en 2017 pour les dossiers engagés avant la réforme, puis 283 en 2018 et 127 en 2023 [2]. Le nombre total de divorces prononcés par un juge est ainsi tombé de 128 000 en 2016 à 62 300 en 2018 [5].

La réforme a aussi cassé les séries statistiques. Les conventions déposées chez les notaires ne figurent pas dans les fichiers des juridictions, et le ministère de la Justice estime désormais le total à partir de la source Fidéli, faute de données exhaustives [1]. Les chiffres postérieurs à 2016 ne se comparent donc pas directement aux précédents [5].

Quels sont les cas de divorce et lequel domine ?

Le Code civil prévoit quatre cas de divorce : par consentement mutuel, accepté, pour altération définitive du lien conjugal et pour faute [2][10]. Devant le juge, deux formes dominent : en 2023, 46 % des divorces judiciaires étaient prononcés pour altération définitive du lien conjugal et 44 % étaient des divorces acceptés, où les époux s'entendent sur le principe de la rupture sans en régler toutes les conséquences [2].

L'altération définitive du lien conjugal a nettement progressé. Elle permet de divorcer sans l'accord de l'autre époux et sans justifier de motifs, après au moins un an de séparation [10]. Ce délai était de deux ans avant la loi du 23 mars 2019, appliquée aux procédures engagées à partir du 1er janvier 2021 [12]. Les juges ont prononcé 17 114 divorces de ce type en 2020, contre 27 922 en 2023 [2].

Le divorce pour faute recule. Il a été prononcé 8 036 fois en 2016 et 5 517 fois en 2020 [2] ; en 2024, on en comptait 5 779 sur 58 726 divorces judiciaires, soit environ 9,8 %, une part comprise entre 6 et 11 % sur cinq ans [3]. La faute suppose une violation grave ou renouvelée des devoirs du mariage, comme la fidélité prévue à l'article 212 du Code civil, qui rend intolérable le maintien de la vie commune (article 242) [3].

La faute ne se résume pas à l'adultère. Le rapport du Sénat rappelle que l'adultère a été une cause explicite de divorce de 1884 à 1975 et qu'il ne suffit plus, à lui seul, à justifier un divorce pour faute s'il ne rend pas la vie commune impossible [3]. Les statistiques judiciaires ne recensent pas les motifs invoqués, si bien qu'elles ne disent rien de l'infidélité en France. Les règles de preuve et la jurisprudence sont présentées dans l'article sur l'adultère et le divorce pour faute, et les grandes étapes du droit, de 1792 à aujourd'hui, dans celui sur l'histoire du divorce en France.

Après combien d'années de mariage, et à quel âge, divorce-t-on ?

Les époux divorcent en moyenne après 16,3 ans de mariage, selon les décisions des juges de 2023, et la moitié de ces divorces concernent des unions de moins de quinze ans [2]. La durée moyenne était d'environ douze ans pour les divorces de 1970 et se maintient autour de quinze ans depuis 2008 [4]. Le risque de divorce est le plus élevé entre la troisième et la cinquième année de mariage [4].

L'âge au divorce augmente avec l'âge au mariage. En 2021, les personnes divorcées avaient en moyenne 46,6 ans, 48,3 ans pour les hommes et 45,1 ans pour les femmes, contre 43,9 ans en 2010 [1]. Trois divorcés sur quatre avaient moins de 54 ans [1]. Ce vieillissement suit celui des mariés : l'âge moyen au mariage dépasse aujourd'hui 37 ans, comme l'explique l'article sur l'âge moyen au premier mariage.

Les enfants sont souvent concernés. En 2023, environ 45 % des couples divorcés par un juge avaient au moins un enfant mineur, 48 % pour les divorces acceptés ou pour altération et 41 % pour les divorces pour faute [2]. Ce chiffre ne couvre pas les divorces conventionnels.

Les divorcés forment une part croissante de la population. Au 1er janvier 2017, 8,6 % des personnes de 15 ans ou plus avaient pour état matrimonial légal « divorcé », contre 7,0 % en 2006 ; la proportion atteignait 9,8 % chez les femmes et 7,3 % chez les hommes [6]. Ce décompte ignore les remariages et les séparations de couples non mariés.

Combien de PACS sont dissous chaque année ?

Les dernières données publiées font état de 84 662 dissolutions de PACS en 2016, pour 191 537 PACS conclus la même année [7]. Ce nombre progressait vite, avec 69 540 dissolutions en 2013 et 79 386 en 2015 [7]. L'Ined, qui reprend les chiffres de l'Insee et du ministère de la Justice, n'indique plus de dissolutions à partir de 2017 [7].

La comparaison avec le divorce exige de la prudence. Un PACS prend fin aussi lorsque les partenaires se marient ensemble, si bien qu'une dissolution n'est pas toujours une séparation ; la série de l'Ined ne détaille pas ces motifs [7]. Le PACS reste très pratiqué : l'Insee a enregistré 197 176 PACS en 2024, pour 248 174 mariages [8]. Les différences juridiques entre ces statuts sont présentées dans l'article sur mariage, PACS et concubinage en droit français.

La France divorce-t-elle plus que ses voisins européens ?

La comparaison est impossible depuis 2016, car Eurostat ne publie plus de données françaises sur le divorce après cette année-là [9]. En 2016, la France comptait 1,92 divorce pour 1 000 habitants [5]. L'Union européenne enregistrait 1,6 divorce pour 1 000 habitants en 2024, soit environ 700 000 divorces [9].

Le taux européen a doublé en soixante ans, de 0,8 pour 1 000 en 1964 à 1,6 en 2024, après un maximum de 2,1 en 2006 [9]. Les écarts entre pays restent marqués : la Lettonie (2,8) et la Lituanie (2,5) sont en tête, devant l'Estonie, la Finlande et la Suède (2,1), tandis que Malte (0,9), la Slovénie (1,0) et la Roumanie (1,1) ferment la marche [9].

Ces taux bruts dépendent aussi du nombre de couples mariés. Un pays où l'on se marie peu compte mécaniquement moins de divorces, ce qui rend utile la mesure rapportée aux personnes mariées choisie par le ministère de la Justice [1]. En France, cette mesure s'établissait à 4,9 divorces pour 1 000 mariés en 2021, contre 5,6 en 2005 [1].

Questions fréquentes

Combien y a-t-il de divorces par an en France ?

Environ 106 200 en 2021, selon la dernière estimation complète du ministère de la Justice, qui inclut les conventions déposées chez un notaire [1]. Les juges ont prononcé 61 695 divorces en 2023 et 58 726 en 2024 [2][3]. Le record date de 2005, avec 155 300 divorces [4].

Quel pourcentage de mariages finit en divorce en France ?

Environ 44 %, selon l'indicateur conjoncturel de divortialité calculé par l'Insee pour 2014 [4]. Ce chiffre suppose que les comportements de cette année-là se maintiennent. Parmi les couples réellement mariés en 1974, 32 % avaient divorcé au bout de quarante ans [4].

Quelle est la durée moyenne d'un mariage avant le divorce ?

16,3 ans en moyenne pour les divorces prononcés par un juge en 2023 [2]. La moitié de ces divorces concernent toutefois des mariages de moins de quinze ans [2]. Le risque de divorce culmine entre la troisième et la cinquième année de mariage [4].

Peut-on divorcer sans passer devant un juge ?

Oui, depuis le 1er janvier 2017, si les deux époux sont d'accord sur le divorce et sur toutes ses conséquences [11]. Chacun prend un avocat, la convention est signée après un délai de réflexion de quinze jours puis déposée chez un notaire [11]. Le juge intervient si un enfant mineur demande à être entendu [11].

Combien de divorces pour faute sont prononcés en France ?

5 779 en 2024, sur 58 726 divorces judiciaires, soit environ 9,8 %, selon un rapport du Sénat d'avril 2026 [3]. Leur nombre était de 8 036 en 2016 [2]. Les divorces pour altération définitive du lien conjugal et les divorces acceptés sont aujourd'hui bien plus fréquents [2].

L'infidélité est-elle encore une faute permettant de divorcer ?

Oui, mais pas automatiquement. La fidélité reste un devoir des époux selon l'article 212 du Code civil, et son manquement peut fonder un divorce pour faute s'il rend intolérable le maintien de la vie commune [3]. L'adultère n'est plus une cause explicite de divorce depuis 1975 [3].

Quel pays d'Europe compte le plus de divorces ?

La Lettonie, avec 2,8 divorces pour 1 000 habitants en 2024, devant la Lituanie (2,5), selon Eurostat [9]. Malte est le pays où le taux est le plus faible (0,9) [9]. La moyenne de l'Union européenne s'établit à 1,6 divorce pour 1 000 habitants [9].

Le nombre de divorces augmente-t-il en France ?

Non. Le nombre de divorces a baissé d'environ un tiers entre 2005 et 2021, de 155 300 à 106 200 [1]. Les divorces prononcés par un juge continuent de reculer, de 61 695 en 2023 à 58 726 en 2024 [2][3]. Selon l'Insee, ce recul tient surtout à une moindre propension à divorcer [4].

Sources

  1. justice.gouv.fr — https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2024-11/Infos_rapides_justice_n19_1.pdf
  2. justice.gouv.fr — https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2025-01/RSJ2024%20Chapitre%205.pdf
  3. senat.fr — https://www.senat.fr/rap/l25-490/l25-490_mono.html
  4. insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/2121566/ip1599.pdf
  5. insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/4277624/TEF2020_033.pdf
  6. insee.fr — https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381496
  7. ined.fr — https://www.ined.fr/en/everything_about_population/data/france/marriages-divorces-pacs/pacs
  8. insee.fr — https://insee.fr/fr/statistiques/2381498
  9. ec.europa.eu — https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Marriage_and_divorce_statistics
  10. service-public.gouv.fr — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F10568
  11. justice.gouv.fr — https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/migrations/portail/art_pix/J21_Questions_reponses.pdf
  12. formation.lefebvre-dalloz.fr — https://formation.lefebvre-dalloz.fr/actualite/divorce-les-grands-axes-de-la-derniere-reforme

Article vérifié le 23 octobre 2026. Information générale, ce n'est pas un conseil juridique ni religieux. Une erreur ? Signalez-la.

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